Interview de Martin ZIGUÉLÉ «Gare aux ennemis de la paix»

Les Afriques : Comment se porte la RCA depuis la désignation de Catherine Samba-Panza à la tête de la transition en remplacement de Michel Djotodia,leader de la Séléka ?

Martin Ziguélé : Je vous mentirais si j’affirmais que mon pays se portait à merveille. Et ce serait encore un autre mensonge si je vous disais que la RCA va mal depuis seulement le remplacement de Michel Djotodia par Catherine Samba-Panza à la tête de la transition. En vérité, de nombreux défis doivent être relevés, et le principal est celui de l’indispensable désarmement des bandes armées, comme l’exigent les Résolutions 2121 et 2127 des Nations unies adoptées sous le Chapitre VII qui préconise l’usage de la force. Malheureusement, ce désarmement tarde à se faire, laissant aux bandes armées l’occasion de continuer à tuer des citoyens innocents. Comment en l’absence de désarmement forcé rétablir une chaîne pénale digne de ce nom afin de faire cesser les scandaleuses évasions de délinquants et l’impunité dont continuent de jouir de nombreux bandits de grand chemin et autres assassins de tout acabit qui pullulent dans le pays et particulièrement dans la capitale sans être inquiétés...

LA : Le dialogue inter-centrafricain ne serait-il pas la voie indiquée pour résoudre la situation d’enlisement dans laquelle la RCA s’enfonce ?

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Conférence de presse AFDT - Propos liminaire

ALLIANCE DES FORCES DEMOCRATIQUES POUR LA TRANSITION (A.F.D.T)

 

ASD-CRPS-MCP-MDES-MLPC-RDC-UDECA

L’Alliance des Forces Démocratiques pour la Transition (AFDT), est  convaincue de la nécessité et de l’urgence de mettre un terme à la longue et douloureuse crise politico-sécuritaire qui secoue notre pays la R.C.A. Elle a donc participé à toutes les rencontres des Partis et Associations politiques, et de la Plateforme des religieux et de la société civile concernant le plan d’actions de sortie de crise proposé par les chefs d’Etat de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC) le 27 Juin 2014 à Malabo  en Guinée Equatoriale Elle a pris acte du chronogramme proposé par le Groupe International de Contact et adopté par la Commission de Paix et Sécurité de l’Union Africaine à Addis-Abeba le 9Juillet 2014.

L’AFDT fermement engagée dans le processus du dialogue et de la réconciliation nationale, gages d’ un retour de la sécurité, de  la paix et de la concorde nationale, a débattu pendant près de trois semaines des questions liées à la tenue du Forum de Brazzaville  prévu du 21 au 23 Juillet 2014.

Elle remercie très vivement la Communauté Internationale pour les efforts sans cesse renouvelés en faveur de la R.C.A et des populations centrafricaines.

 Toutefois, l’AFDT observe  que la non implication des autorités centrafricaines et des forces vives de la nation à l’élaboration du plan d’actions de Malabo, le déficit de communication sur ce plan d’actions sciemment entretenu, ainsi que l’agenda du Forum de Brazzaville tel que contenu dans les « conclusions » de la réunion du Groupe International de Contact avec la Commission de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine, et présenté à Bangui par la communauté internationale avec des points imprécis, notamment celui sur la définition d’un nouveau cadre politique, sont de nature à compromettre  les chances d’un véritable dialogue inter-centrafricain, devant aboutir à la réconciliation et la cohésion sociale souhaitées par tous.

De même, la décision de tenir un tel Forum sur la crise centrafricaine à Brazzaville devrait être prise en concertation étroite avec l’ensemble de la classe politique, des religieux, de la société civile et des autres forces vives de la nation représentant les couches les plus touchées par les effets de cette crise.

L’AFDT, tout en soutenant le processus de la transition et la réconciliation nationale, a décidé de demander le report du Forum de Brazzaville et sa tenue à Bangui afin de permettre que les initiatives locales entamées en ce sens soient menées  à leur terme , et de réunir les conditions d’une meilleure préparation de ces assises avec l’implication des communautés centrafricaines et de toutes les forces vives de la Nation, dans le respect de la Charte Constitutionnelle de la Transition et de la souveraineté nationale. 

Enfin, L’AFDT exhorte la Communauté Internationale et les autorités de la transition en cours en R.C.A à plus de lisibilité et de cohérence dans le processus global de dialogue politique et de réconciliation nationale incluant le triptyque « Vérité-Justice-Réconciliation » et d’organiser en terre centrafricaine sous le haut patronage de son Excellence le Président Denis Sassou-Nguesso, Médiateur de la crise centrafricaine en présence de toutes les forces vives de la nation et devant le peuple centrafricain. A cet effet, l’AFDT fera au moment opportun toute proposition utile à la réussite de ce processus.

Je vous remercie pour votre attention 

Communiqué de Presse relatif aux événements tragiques de Bambari

Le lundi 07 juillet 2014 dans l’après-midi, plusieurs hommes armés donnés pour être des éléments de l’ex Séléka prennent prétexte de l’assassinat quelques jours plus tôt de deux musulmans peuls par des anti-balakas pour faire irruption à l’évêché de la ville de Bambari et ouvrent le feu sans discernement sur d’innocents civils qui y sont réfugiés, faisant 26 morts et 35 blessés selon la Croix Rouge locale.

Peu après ce carnage, des responsables de l’ex Séléka affirmeront que les auteurs ne seraient pas des membres de Séléka mais des éléments « incontrôlés » qui étaient à la poursuite de miliciens anti-balakas qui auraient tué les deux musulmans peuls.

Le moins que l’on puisse dire est que ce n’est pas la première fois qu’un tel drame se produit tandis qu’on observe que les chefs Séléka et  anti-balakas se rejettent mutuellement la responsabilité des tueries.

Le Bureau Politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), déplorant  une fois de plus, les nombreuses pertes inutiles en vies humaines,
-  condamne énergiquement l’intrusion d’hommes armés sur un lieu de culte pour y massacrer avec une barbarie inqualifiable d’innocentes personnes déplacées ;
-    dénonce et stigmatise les comportements inadmissibles, puérils et ambigus  des Responsables des milices Séléka et anti-balakas qui, au lieu d’assumer les agissements et crimes de leurs membres, se rejettent perpétuellement la responsabilité des différents meurtres qu’ils continuent de commettre sur de pauvres innocents ;   
- continue d’exprimer son étonnement devant l’incompréhensible non-exécution dans sa plénitude des mandats explicites et sans ambiguïté confiés aux forces internationales MISCA et SANGARIS par les résolutions du Conseil de sécurité, de procéder sans délais au besoin par la force, de toutes les bandes armées qui continuent impunément de tuer de paisibles citoyens à travers le territoire ;     
-  présente ses condoléances les plus émues aux proches et à toutes les familles des victimes innocentes de ces massacres ainsi qu’il exprime sa douloureuse compassion avec le clergé centrafricain et plus particulièrement à l’évêché de Bambari.  

Le Bureau Politique du MLPC réaffirme son intime conviction que seul le désarmement sans faiblesse et intégral des bandes armées, conformément aux résolutions des Nations-Unies, permettra aux Centrafricains de retrouver un peu de quiétude.

Fait à Bangui, le  13  juillet 2014

Pour le Bureau Politique
 
Martin ZIGUELE

Discours d’ouverture du Président du parti à l’occasion de la 2ème session de formation des responsables des organes de base du Parti

Excellences
-    Madame le Ministre de la Communication et de la Réconciliation nationale
-    Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs ;
-    Mesdames et Messieurs les Représentants des Organisations nationales et internationales ;
-    Distingués Invités ;
-    Mesdames et Messieurs ;
-    Chers Camarades

Avant toute chose, je et  , au nom du Bureau Politique du parti et au mien propre, je voudrais demander très respectueusement à l’assistance de bien vouloir se lever et d’observer une minute de silence à la mémoire de nos compatriotes tombés depuis le début de la crise militaro politique , et qui malheureusement continuent de tomber partout en RCA.
Je vous remercie.
Je remercie tout le corps diplomatique, les organisations internationales et nationales, ainsi que tous les leaders des partis politiques qui ont bien voulu faire le déplacement à la présente cérémonie, en dépit de leurs multiples occupations et des préoccupations bien connues de l’heure
En effet, notre cher pays est à la croisée des chemins, au point où certains de ses fils qui ont eu à un moment donné à participer à sa gestion, ont osé d’une part  demandé sa partition, tandis que d’autres répondent par des attaques indistinctes contre des communautés entières sur la base du faciès. Que de massacres, que d’assassinats, que de viols, que de voies de fait inconnus dans nos mœurs sur cette  terre de Boganda que nous invoquons rituellement mais dont nous trahissons non moins systématiquement les idéaux de paix et de développement dans l’unité, lé dignité et le travail.
Oui Camarades, tous ces crimes de sang, tous ces crimes de guerre, tous ces crimes économiques, tous ces crimes contre l’humanité qui ont plongé et qui maintiennent notre pays dans le chaos sont l’œuvre des ennemis du peuple, qui, pour accéder ou pour revenir au pouvoir ne lésinent sur aucun moyen, sur aucune vie pourvu que cela ne soit pas leur ou celle de leurs propres enfants, pour assouvir de sordides desseins avec le soutien criminel de mercenaires de tous poils.
Ils sont connus et seront entièrement tenus pour responsables des tueries, de pillages, de saccages des cases et greniers, des destructions massives de biens, meubles et immeubles.  Les différents rapports rendus publics à ce jour par les Nations Unies, les associations de défense des droits de l’homme et autres centres de recherche sont édifiant à cet effet.
Ces ennemis du peuple sont uniquement obnubilés par la recherche de  raccourcis pour atteindre le pouvoir de l’Etat, au mépris royal de l’être humain et des dispositions de la Charte constitutionnelle de transition qui fait du coup d’Etat un crime imprescriptible contre le peuple centrafricain.
Il était temps pour le MLPC, parti d’avant-garde membre de l’Internationale socialiste, de saisir cette opportunité pour donner de la voix sur les conditions inhumaines et dégradantes imposées à tout un peuple totalement impuissant et à un Etat de facto incapable de garantir la sécurité à ses membres.
En effet, Camarades, depuis notre création dans la clandestinité le 22 février 1979, notre Parti le MLPC s’est donné le temps de bien comprendre les problèmes du peuple centrafricain et de bien s’imprégner de ses attentes légitimes. Tous les peuples du monde, tout être humain dirais-je, aspirent à la paix et au bien-être. C’est pourquoi le MLPC  s’est donné aussi comme principe de ne jamais recourir à la violence et aux armes pour accéder au pouvoir car le coup de force par essence ne respecte pas le libre-arbitre du citoyen. En conséquence, le MLPC n’a accédé au pouvoir de l’Etat qu’en 1993 à l’issue des seules élections réellement démocratiques, transparentes et multipartites de notre pays depuis son indépendance, et à l’issue desquelles feu le Président Ange Félix Patassé a accédé à la magistrature suprême de l’Etat. L’histoire le retiendra.
Camarades, le refus de l’alternance pour les uns, le non-respect de la parole donnée et l’esprit de prédation pour les autres, conscients qu’ils ne gagneront jamais des élections démocratiques, sont le carburant utilisé par les ennemis du peuple pour lui imposer toutes sortes de souffrances.
C’est ainsi que nous voyons ce spectacle lamentable offert pas des  communautés qui jusque-là vivant en parfaite harmonie et qui sont instrumentalisées et opposées les unes contre les autres, sous de fallacieux prétextes religieux.
Non, notre peuple est un et indivisible dans une république laïque, unie et solidaire. Non notre peuple mérite le respect, et le respect de sa vie, de la part de ceux qui aspirent à le diriger !
C’est donc dans la perspective de la recherche des solutions idoines à ces souffrances multiformes du peuple centrafricain, que votre Parti le MLPC va tenter, non seulement de proposer à travers différents modules que son Ecole a identifiés d’examiner quelques pistes de sortie de crise, mais aussi de donner la parole à une frange de la population dont la liberté de la parole a été retirée depuis longtemps pour se voir imposer le langage des armes qui en réalité ne résout aucun problème.
Le vivre ensemble doit redevenir une réalité pour nous tous, en dépit de ces moments difficiles où la sécurité demeure une denrée rare.
Les centrafricains déplacés internes dans des sites de transit pudiquement appelés « ledger » et ceux de toutes conditions sociales qui souffrent dans les camps des réfugiés à l’étranger doivent regagner dignement leur pays, leur village et leur maison.
Militants du MLPC, que tu sois musulman, protestant, catholique ou athée, tu dois inlassablement œuvrer pour le retour de la cohésion sociale, à cause de tes valeurs progressistes.
Nous reconnaissons les grands efforts, les risques inouïs et les immenses sacrifices consentis par les forces internationales accourues à notre secours, pour éviter la disparition de notre pays, je voudrais parler ici de la MISCA, de SANGARIS, de l’EUFOR et bientôt des forces des Nations Unies : je les prie de trouver  ici l’expression de toute notre gratitude et je leur présente à nouveau toutes nos condoléances pour les pertes en vies humaines subies en leur sein. Notre parti leur en serait gré.
J’exhorte également les forces internationales à procéder au désarmement de toutes ces milices qui tuent, pillent et brûlent tous les jours, et ce conformément aux résolutions des Nations Unies, afin de faciliter l’arrêt des hostilités et de permettre ainsi au gouvernement de travailler à un retour à un ordre constitutionnel normal à travers des élections annoncées pour 2015.
Tout cela passe avant tout et nécessairement par un dialogue franc entre les filles et les fils de ce pays, les, ici en terre centrafricaine. Nous nous connaissons tous, partis politiques, société civile, confessions religieuses,  ex-séléka, et anti balaka : nos contradictions internes ne sauraient justifier encore longtemps le lourd tribut que nous infligeons  à tout le peuple.
C’est pourquoi je lance un vibrant appel à la communauté internationale pour soutenir sans équivoque le peuple dans ces moments difficiles, en facilitant l’organisation d’un Forum de Dialogue inter centrafricain qui pourra utilement se conclure, par la suite seulement, et si cela est nécessaire, hors de nos murs.
Dans un élan de solidarité, j’engage tous les militants à œuvrer pour le retour à la coexistence pacifique de tous et demande par la même occasion aux ex- séléka et aux antibalaka de déposer sans conditions les armes qu’ils tournent contre leur propre peuple, et de leur donner l’opportunité de vaquer librement à leurs occupations, d’aller et de venir dans leur propre pays, bref  de revivre et se débrouiller.
C’est à cette condition que nos tous compatriotes déplacés internes et ceux qui sont  contraints à l’exil forcé à l’étranger pourront rentrer dans leur patrie et dans leurs foyers.
Ils doivent tous prendre part aux prochaines consultations que je souhaite de tous mes vœux apaisées et transparentes pour épargner à nos concitoyens des contestations post électorales qui pourraient engendre encore une autre crise politique majeure.
Le peuple centrafricain est fatigué et chacun d’entre nous doit faire  un effort sur lui-même.
C’est sur cette note d’optimisme que je déclare ouverts les travaux de la 2ème session de l’Ecole du parti pour la formation des responsables des organes de base du parti.
Je vous remercie.

Martin ZIGUELE

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