Communiqué de la Fédération EEAMOO

COMMUNIQUE DE PRESSE

La Fédération Europe-Amérique-Asie-Moyen Orient-Océanie (EAAMOO) du MPLC a la profonde douleur d’annoncer aux camarades militantes, militants, sympathisants, amis et parents le décès brutal de la  camarade ADOUM, née GBOKOU YASSE Madeleine, Conseillère politique du Bureau Fédéral du Mouvement de Libération de la Femme Centrafricaine (MLFC), survenu le 19 avril 2015 à Meaux (Seine et Marne).

La camarade ADOUM Madeleine était une personne pleine de vie, avenante et disposait d’une grande force de mobilisation au sein de la Fédération. Elle a su mettre au profit de son Parti, le MLPC, toutes ses capacités de femme d’écoute et de conseil. C’était une vaillante militante de la paix, de l’unité  et de la liberté.
Sa disparition tragique laisse un vide au sein de la Fédération EAAMOO du MLFC et constitue une grande perte pour notre famille politique.

Au nom du Président du MLPC, le camarade Martin ZIGUELE, du Bureau politique, du Bureau fédéral, des  organes connexes (MLFC et MLJC), des militantes,  militants et sympathisants de la Fédération EAAMOO, nous rendons un vibrant hommage à la  camarade ADOUM Madeleine pour son engagement politique et son militantisme exemplaire et prions l’Eternel Dieu Tout Puissant  de lui accorder  toute  sa grâce.
 
En cette douloureuse circonstance, la Fédération EAAMOO du MLPC adresse à la famille en deuil, ses sincères condoléances et l’expression de sa profonde compassion.

Fait à Paris, le 21 avril 2015
Pour le Bureau Fédéral,
Jean Didier KABRAL
Président Fédéral

Intervention de Martin ZIGUELE lors du Comité Afrique de l'Internationale Socialiste de Bamako

Intervention du camarade Martin  ZIGUELE

Président  du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) à l’occasion de la tenue du Comité Afrique de l’Internationale Socialiste  à Bamako (MALI) les 10 et 11 Avril 2015, sur le thème « Sécurité, Démocratie et Développement pour les peuples d’Afrique »




Camarade Président  du Comité Afrique de l’Internationale Socialiste,
Camarade Secrétaire Général  de l’Internationale Socialiste,
Chers camarades, Présidents et secrétaires généraux des partis progressistes africains

Permettez-moi tout d’abord de vous adresser les salutations fraternelles des militantes et militants du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) que j’ai l’honneur de présider. Le thème « Sécurité, Démocratie et Développement  pour  les peuples d’Afrique » proposé à notre analyse est d’une grande importance pour mon pays, la République Centrafricaine.
En effet,  le 12 Décembre 2012 une coalition de mouvements politico-militaires s’est lancée contre le régime du Président d’alors François Bozizé à partir de la région Nord Est de notre pays, et en moins de trois (3) semaines, elle a eu raison du régime en place en conquérant une à une, les principales villes du pays. Cette coalition rebelle entrera à Bangui le 24 Mars 2013,  et s’est accaparée du pouvoir de l’Etat.

Les conséquences de cette prise de pouvoir sont nombreuses et surtout désastreuses et douloureuses pour le peuple centrafricain, sur tous les plans. Elles se sont aggravées par l’entrée en lice le 5 décembre 2013, d’un deuxième groupe armé dénommé « Anti-Balaka » qui s’était lancé contre les mouvements Séléka.
Cette situation a entrainé l’intervention d’abord des forces des Etats membres de la CEEAC, la MICOPAX, puis celles de l’UA la MISCA, ensuite celles de forces françaises SANGARIS et enfin celles des Nations Unies la MINUSCA.

Sur le plan humanitaire

Le bilan est estimé à plus de dix mille morts (10000) à ce jour. Nous avons connu plus de 1, 2millions de déplacés internes (sur une population de 4,5millions d’habitants). De même nous comptons près de 420000 réfugiés ainsi repartis (au Cameroun : 236.684 réfugiés, au Tchad : 95.326 réfugiés, en République Démocratique du Congo : 66.881 réfugiés et en République du Congo : 19.556  réfugiés)

1-Sur le plan sécuritaire

La crise sécuritaire qui secoue jusqu’aujourd’hui  la République Centrafricaine a cette caractéristique particulière qu’elle se déroule dans un pays où les forces de défense et de sécurité, laissées à l’abandon, se sont disloquées. En l’absence de ces forces, l’administration et la justice ont également disparu, livrant les populations à la merci des forces rebelles.

Sur le plan  économique

Traditionnellement faible, l’économie centrafricaine s’est également effondrée avec la crise. Le PIB a reculé de 34 % en 2014, et en cette année 2015, la croissance du PIB sera seulement de 1,4%. . Le réseau routier déjà mauvais est plus qu’impraticable, et l’agriculture, comme l’élevage sont les principales victimes de cette crise. Les  paysans, fuyant les affrontements armés, ne sont plus dans les conditions de produire.

Le secteur industriel, déjà très faible, a subi des pillages indescriptibles.

Dans le domaine minier, l’insécurité a amené les entreprises de ce secteur à suspendre leurs  activités, comme Areva sur son site uranifère de Bakouma. Plusieurs  sociétés dans le secteur du diamant et de l’or  ont également arrêté leurs activités car la  République Centrafricaine a été suspendue par le processus de Kimberley, au motif que  le diamant centrafricain servirait à financer la guerre dans le pays.
Cette situation a entraîné la mise en place des réseaux de fraude  via  les pays voisins.
Sur le plan social
Sur le plan social, les secteurs de l’Education et de la Santé sont les plus atteints. Ces deux secteurs ont subi des dégâts importants : pillages et destructions des édifices scolaires et sanitaires ; départ des fonctionnaires et agents de l’Etat vers la capitale, abandonnant les élèves et les malades à leur triste sort.

Sur le plan politique

En égard des multiples facettes de notre crise et de ses conséquences multiformes, les Gouvernements de Transition successifs mis en place suite aux Accords de Libreville de janvier 2013  éprouvent les plus grandes difficultés t à stabiliser  la situation, et surtout à réunir les moyens nécessaires au financement du processus électoral piloté par l’Autorité Nationale des Elections. Cette Autorité  indépendante, dont le budget global après l’abandon de la biométrie pour des soucis d’économie a été ramenée à environ 40 millions de dollars US,  n’est couvert qu’à seulement 51% sur la base des engagements, mais à moins de 10% sur base trésorerie.
Si les engagements de financement du gap budgetaire de la part de la communauté internationale n’est pas très rapidement couvert, il est évident que le  calendrier électoral annoncé, prévoyant des élections présidentielles et législatives couplées en juillet et juillet 2015, ne pourrait être raisonnablement tenu.
Pour faire des élections, il faut au moins avoir des listes électorales à jour et fiables. Déjà chez nous, les élections de 2005 et de 2011 ont été faites sur la base des extrapolations du Recensement Général de la Population de 2003. Et pour l’anecdote, bien que je fus arrivé au deuxième tour des élections présidentielles de mars 2005, je n’avais voté ni au premier ni au second tour car mon nom ne figurait pas sur les listes électorales.
Aujourd’hui, pour les élections à venir, afin de réduire le budget électoral, il a été décidé de surseoir à la biométrie pour des listes électorales informatisées. Malgré ce sacrifice qui a réduit de moitié le budget électoral initial, l’ANE n’a pu commencer à ce jour, faute de disponibilités, le processus d’identification des électeurs, alors qu’il était programmé pour début janvier 2015. Si par extraordinaire ce processus fondamental à la tenue d’élections crédibles débutait ce mois, les listes électorales informatisées ne pourraient être disponibles avant un délai technique minimal incompressible de trois mois.
C’est pourquoi au nom du MLPC et de tous les démocrates centrafricains, nous lançons un appel à l’Internationale Socialiste et à toutes les démocraties du monde sur le cas centrafricain, afin qu’elles mobilisent toute la communauté internationale pour lui dire essentiellement que le prix du retour de la légalité dans ce pays meurtri est aujourd’hui tout au plus d’une cinquantaine de millions de dollars US, soit environ 30 milliards de francs CFA.
C’est le prix à payer pour des élections crédibles qui seules, permettront une sortie de crise par le haut en RCA. 
Le prochain Forum de Bangui, prévu du 27 avril au 2 mai de cette année, a pour objectifs  la paix et la réconciliation nationale, le lancement du Programme DDR et la montée en puissance des Forces de défense et de sécurité, et surtout la définition d’un  calendrier fiable des élections. Ce Forum a été précédé de consultations à la base dans tout le pays pour recueillir les doléances des populations de l’arrière-pays.
L’opinion nationale et internationale appelle de leurs vœux le retour rapide à la   légalité par le biais des élections, mais celles-ci doivent être financées afin que ce vœu ne soit pas seulement incantatoire.

Conclusion
Enfin camarades, « last but not least », mon parti le MLPC m’a désigné, lors du congrès extraordinaire tenu le 22 novembre 2014t à Bangui, comme son candidat, pour la troisième fois, aux prochaines élections présidentielles. De même très bientôt, nous convoquerons un Conseil Politique National pour investir nos candidats aux législatives.
Parti de progrès dans un pays en proie à un doute existentiel, j’en appelle solennellement à chacun de vous ici présent, et à tous les partis membres de l’Internationale Socialiste, sur tous les continents, pour votre soutien multiforme dans cette compétition électorale à venir. Nous avons besoin de votre soutien car c’est dans un climat d’insécurité même s’il ya une amélioration notable récente, et d’un effondrement économique, que nous nous organisons pour prendre part aux prochaines élections.

Je vous remercie.


Martin ZIGUELE
Président du MLPC

Appel de Rome au Peuple Centrafricain et à la communauté internationale

Appel de Rome au Peuple Centrafricain et à la communauté internationale



Nous, signataires de la présente déclaration, lançons un appel solennel au Peuple centrafricain qui est victime de toutes sortes de violences et d'exactions, dont une partie a été contrainte de quitter son domicile et dans certains cas son pays, qui est empêché de vaquer à ses occupations, notamment d'envoyer ses enfants à l'école, de cultiver ses champs, de faire paître son bétail, de faire du commerce, de prier, bref de vivre en paix;
Ce Peuple qui, héroïquement, a continué malgré tout d'espérer en son avenir et de préserver ses traditions séculaires de coexistence fraternelle, de tolérance et de solidarité;
Ce Peuple qui veut un avenir pacifique pour ses enfants, sa jeunesse et un destin pacifique pour ses ainés, qui sont les gardiens de son histoire et de sa culture;
Ce Peuple qui mérite un avenir digne, de cohabitation pacifique de toutes ses composantes et de respect de toutes les confessions religieuses;
A ce Peuple, nous laçons un vibrant appel à nous soutenir et à nous accompagner dans le travail de reconstruction politique, institutionnelle, économique et morale de notre pays bien-aimé.

Nous soussignés, nous engageons à :

1) nous impliquer activement pour la réussite du Forum National de Bangui pour la réconciliation de notre Peuple et la reconstruction de notre pays, dont le processus a été initié à Brazzaville avec la signature de l'Accord de cessation des hostilités le 23 juillet 2014.


2) œuvrer inlassablement pour sortir le pays de la crise actuelle à travers la tenue des élections générales qui consacreront des autorités légitimes, expression de la volonté de la majorité de la nation ;


3) respecter les résultats de ces élections et le droit des autorités élues à gérer les affaires de l’État;

4) reconnaitre le droit à ceux qui n'ont pas recueilli la majorité du suffrage universel, de participer pleinement à l'animation de la vie politique nationale et d'apporter leur contribution à la gestion des affaires publiques;

Pour atteindre ces objectifs, nous demandons à la communauté internationale:

1) d'aider la Gouvernement centrafricain à assurer la sécurité et l'ordre public dans le pays tout au long du processus électoral et en particulier:
    a) la liberté d'aller et venir de chaque citoyen sur l'ensemble du territoire national
    b) le droit de chaque citoyen à adhérer à une formation politique sans avoir à souffrir de menace ni de violence d'aucune sorte.
    c) le droit de réunion de la population
    d) le droit à l'information de la population
    e) la sécurité des responsables politiques et des leaders d'opinion


2) de fournir à l'Autorité Nationale de Élections (ANE) les ressources nécessaires pour accomplir sa mission;

3) de garantir la sécurité de toutes les opérations électorales

4) d'identifier et de mettre immédiatement hors d’état de nuire, toute personne ou organisation qui tenterait d'entraver ou d'empêcher par la violence ou par d'autres procédés le processus électoral;

5) en vue de permettre aux autorités légitimes qui sortiront des urnes, d'entamer efficacement la reconstruction du pays et de faire face aux urgences sécuritaires, économiques, sanitaires, humanitaires, sociales, etc. Nous sollicitons vivement auprès de la communauté internationale et des amis de la République centrafricaine,
la tenue dans les meilleurs délais d'une table ronde de soutien financier;

6) de prendre les dispositions nécessaires pour un retour rapide des réfugies et des déplacés dans leurs foyers.

Nous nous engageons, quels que soient les résultats des élections, à:

1) apporter notre contribution à la reconstruction des forces de défense et de sécurité nationales, comme seuls garants de l'intégrité du territoire national, de la protection et la libre circulation des personnes et de leurs biens, la protection et la sécurité des infrastructures publiques et privées;

2) œuvrer à ce que les mesures qui s'imposent soient prises afin d'enrayer définitivement le recours aux armes,  au vandalisme et à toutes formes de rébellion;

3) toujours refuser tout type de participation à des projets impliquant l'utilisation de la force pour accéder au pouvoir politique;

4) promouvoir la paix et une saine et nécessaire confrontation démocratique et pacifique entre les différentes familles politiques de notre nation;

5) respecter les termes du Pacte républicain signé à Bangui le 07 novembre 2013 par les autorités de transition sous les auspices de la communauté de Sant'Egidio en présence de la Communauté internationale.


Peuple centrafricain !



Pendant trop longtemps, des groupes violents t'ont dicté leur loi inique. Il est temps de mettre fin à cette triste situation. Si nous sommes unis dans le rejet de la violence et de l'intolérance, si nous regardons vers l'avenir au nom de nos fils et nos filles, alors rien ni personne ne peut nous empêcher de devenir maîtres de notre destin.

Nous remercions sincèrement la communauté de Sant'Egidio pour les efforts inlassables qu'elle ne cesse de déployer pour réconcilier les centrafricains et pour le retour de la paix dans notre pays.

Nous, leaders politiques ayant participé à la rencontre de Rome à l'invitation de la communauté de Sant'Egidio, lançons un appel patriotique à toutes les forces vives de la nation centrafricaine et à tous les partis politiques pour nous rejoindre dans la dynamique qui conduira notre pays à renouer avec la légalité constitutionnelle et la paix.

Avec le soutien actif de la communauté internationale, nous serons en mesure de résister à ceux qui tentent d'empêcher le Peuple centrafricain de s'exprimer, de choisir librement ses dirigeants et de reconstruire sa nation.

Unissons-nous dans la diversité, autour des valeurs de notre République: la démocratie, la liberté de religion et de culte ainsi que le mieux vivre ensemble, afin que personne ne soit plus jamais humiliée.

Vive le Peuple centrafricain !
Vive la République centrafricaine !


Fait à Rome le 27 février 2015



Les signataires


Anicet Dologuele

Léa Koyassoum Doumta

Désiré Kolingba

Enoch Lakoue

Karim Meckassoua

Prosper Ndouba

Gaston Nguerekata

Nicolas Tiangaye

Martin Ziguele

A la présence de Beatrice Epaye

Communauté de Sant'Egidio

Andrea Riccardi

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