Intervention de Martin ZIGUELE lors de la réunion de l'Alliance Progressiste à Lisbonne

REUNION DE L’ALLIANCE PROGRESSISTE
LISBONNE (PORTUGAL) 4-5 DECEMBRE 2014

INTERVENTION DE MARTIN ZIGUELE, PRESIDENT DU MOUVEMENT DE LIBERATION DU PEUPLE CENTRAFRICAIN (MLPC) DE LA REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

L’EDUCATION ET LE TRAVAIL DECENT, SEULS REMEDES CONTRE L’INSTABILITE POLITIQUE ET LES GUERRES CIVILES EN AFRIQUE : LE CAS DE LA REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

Depuis une dizaine d’années, l’Afrique connait une croissance économique soutenue, estimée à environ 5% par an. Malheureusement à ce jour, cette croissance n’a  permis de réduire ni la pauvreté, ni le chômage et encore moins le sous-emploi. L’incapacité des Etats africains à s’attaquer au chômage en général, et à celui des jeunes en particulier, fragilise les populations tout en les maintenant dans la pauvreté.
Cette situation de paupérisation générale est à la source des tensions politiques et sociales comme on a pu le constater  au Maghreb en 2011, avec le Printemps arabe, dont l’un des facteurs aggravant était bien le chômage des jeunes, puis au mois de novembre dernier au Burkina Faso. Les contestations politiques violentes des pouvoirs en place  est d’abord le fait d’une jeunesse exclue des bénéfices d’une croissance économique non redistributrice, notamment en matière de travail décent et d’éducation.
 Ces deux événements, situés dans deux zones distincts de l’Afrique,  ont en commun l’absence de perspective d’emploi décent et donc d’avenir pour des  jeunes qui sont par exemple très souvent obligés, à plus de trente ans d’âge, de continuer à vivre souvent chez leurs parents, soulignant ainsi la carence de politiques volontaristes en matière d’éducation et d’emploi dans la quasi-totalité de nos Etats africains.
Quels sont les pays africains qui donnent réellement une chance à leurs jeunes pour faire des études tournées vers la valorisation des énormes potentialités locales ?
Quels sont les pays africains qui ont de vraies politiques d’emploi décent en direction de la population même éduquée ?
A-t-on besoin de faire des études sophistiquées pour constater  que le taux élevé de chômage des jeunes constitue un facteur de déstabilisation pour les pays, dans la mesure où ces jeunes deviennent le premier réservoir de main -d’œuvre  pour les entrepreneurs des rebellions  armées ?
A-t-on besoin de mener des profondes réflexions pour constater que les jeunes non éduqués sont les premières victimes des manipulateurs de conscience qui font facilement d’eux des rebelles armés pour des causes improbables ? 
Pour en revenir à mon pays la République centrafricaine, située en plein cœur de l’Afrique la crise que nous y vivons actuellement résulte de la conjugaison de plusieurs facteurs dont les principaux sont la pauvreté causée par un chômage massif de la population en général et celui des jeunes en particulier, ainsi que de déficits importants en matière d’éducation décente. 

Certes c’est depuis notre indépendance en 1960 que nous vivons dans notre chair cette instabilité politique, jalonnée d’une succession de coups d’état, de tentatives de coup d’état, et de rébellions armées- à l’exception de l’unique alternance  démocratique de 1993 grâce à la victoire électorale de notre parti le MLPC- et que le recours à la force s’est imposé comme « le mode ordinaire d’accession et de maintien au pouvoir ».
Certes les  régimes autoritaires successifs issus de ces prises illégales de pouvoir ne se sont guère préoccupés de développer des programmes d’éducation et d’emploi décent, préférant dérouler  des stratégies d’enrichissement personnel des dirigeants et de leur clientèles politico-ethniques.
Cependant,  force est de constater que  la dernière crise en date que nous continuons de subir depuis décembre 2012a complètement déstructuré le tissu social, économique et politique de notre pays, mettant en péril l’harmonie qui a toujours existé entre les populations.
Cette crise est aussi le point d’achèvement  de plusieurs décennies d’échec d’un pays sans véritable politique d’emploi décent pour ses populations de tous âges et notamment des jeunes, avec de surcroit  un système d’éducation obsolète et inadapté aux défis des temps modernes.
Qualifié du terme peu flatteur d’Etat failli, mon pays  doit  envisager une sortie de crise par la mise en place de nouvelles institutions étatiques démocratique, légitimes et solides, où l’impunité ne sera plus tolérée mais également où les problématiques  d’éducation et d’emploi devront être prioritaires. C’est à ce prix que l’Etat recréera auprès des citoyens  le sentiment de partage des mêmes opportunités, et donc d’un destin commun, indispensable pour cimenter la République.  

Arrêter la spirale de violence aujourd’hui en cours est une nécessité, mais pour enraciner les fondements d’une paix sociale et civile durable, il nous semble que deux voies sont non seulement prioritaires mais pertinentes : investir dans l’éducation et dans la création d’emplois décents.


1-    De la nécessité d’investir dans l’Education

Selon les chiffres de la Banque Mondiale,  en 2010 le taux d’alphabétisation en Centrafrique des enfants de  15 ans et plus  était de l’ordre de 56%. Ce chiffre reste très en  deçà de la moyenne  africaine.
Des politiques courageuses et volontaristes devront être menées pour que le Centrafrique atteigne un niveau d’éducation  acceptable, et pour cela les budgets alloués aux infrastructures éducationnelles doivent rester compatibles avec nos engagements internationaux en la matière. De même, l’éducation doit être en adéquation avec les attentes du marché, pour éviter de produire des diplômés chômeurs puisque  selon les chiffres du PNUD en 2009, seuls 25% de diplômés de l’enseignement supérieur en Centrafrique trouvaient un emploi de cadre, 50% occupant un emploi sous-qualifié par rapport à la formation reçue, et enfin 25% restent au chômage.

Concrètement, s’agissant du Centrafrique, quelques pistes devraient être explorées :

•    Il faut promouvoir une éducation publique gratuite au fondamental et obligatoire pour tous les enfants de moins de 16 ans. Cette mesure permettra à toutes les familles de pouvoir envoyer leurs enfants à l’école, car, très souvent pour les familles très pauvres qui dépensent 70% de leur revenus pour se nourrir (source FAO), le coût onéreux de la scolarisation est un frein à l’envoi des enfants à l’école ;

•    Un accent devra être mis également sur l’enseignement technique et la formation professionnelle. L’Afrique manque cruellement des techniciens, de main d’œuvre qualifiée et cela est en grande partie lié à des systèmes éducatifs très souvent mal adaptés à la réalité et aux besoins du marché. Il sied d’adapter la formation des jeunes aux besoins du marché de l’emploi.

•    Il faut renforcer les  formations continues pour les cadres de l’Etat et du secteur privé.

•    Il faut nécessairement valoriser les métiers liés à l’agriculture, à l’élevage, à la foresterie et aux mines  par le biais des formations adaptées : comment expliquer que dans un pays comme la RCA où 0,5% seulement des 55 millions d’hectares de terres cultivables sont exploitées,  où les potentialités de développement de l’élevage sont immenses, où la forêt est vaste , où il ya du diamant et de l’or, oui comment expliquer  que dans un tel pays sa faible population totale de 4,5 millions ne puisse être au moins formée pour mettre en valeur ces richesses ?

•    Il faut également investir dans l’éducation et la formation en zone rurale et péri-urbaine  en ayant comme cible privilégiée les femmes qui sont les principaux soutiens de familles en ces temps difficiles.

L’éducation décente est l’instrument par excellence de la cohésion sociale, seule capable de contribuer à la paix et à la construction de l'État. L’éducation permet à chaque citoyen de développer des aptitudes,  des compétences et des comportements, qui préviennent la violence et privilégient la résolution  pacifique des conflits. 


2-    De la nécessité de création d’ emplois décents


Il n’existe pas de statistiques de chômage en  Centrafrique, à ma connaissance. Si elles existent elles ne sont pas publiées à intervalles réguliers, comme sous d’autres latitudes. Cela signifie que le chantier de l’emploi est immense, si nous convenons tous que la création d'emplois décents et viables, notamment pour les jeunes, constitue une condition préalable au développement durable et à la paix dans tous les pays.
À long terme, l’accès à des emplois stables et convenablement rémunérés permet aux ménages d’investir encore davantage dans l’éducation, la santé et l’alimentation. L’investissement dans le capital humain contribuera à améliorer la productivité et la performance économique générale avec, à long terme, un effet multiplicateur sur la demande de travail
Des actions précises doivent être mises en œuvre, pour créer des emplois décents :

•    Il faut encourager l’initiative privée par des politiques incitatives et des mesures fiscales permettant d’alléger les coûts, afin de permettre l’émergence d’un secteur privé (PME, PMI, TPE…). Il est désormais admis que les  PME et PMI sont le moteur de la croissance et du développement. Seul un tissu dynamique et performant des PME et PMI est capable d'aider le gouvernement à absorber une masse critique des jeunes chômeurs, d'accroitre l'assiette fiscale, et surtout de réduire  les structures informelles.  
•    Il faut mener une politique visant à produire et à transformer localement les nombreux produits du sol et du sous-sol, afin de  créer de la valeur ajoutée, qui est le premier maillon de la chaine de l’accumulation du capital pour l’investissement productif. Cette production visera à satisfaire d’abord la consommation locale, et le surplus pourra être exporté ;
•    Il faut valoriser les métiers dans les domaines productifs et notamment dans l’agriculture, la foresterie, et dans les secteurs  ruraux non agricoles.



Conclusion

L’une des causes principales des crises  récurrentes en Centrafrique est la pauvreté. Pour endiguer ces conflits, il faut réduire considérablement cette pauvreté. Cela passe nécessairement par l’éducation et les emplois décents à offrir  aux jeunes.
Une amélioration radicale de l’éducation constitue un préalable à l’établissement d’un niveau de croissance durable suffisamment élevé pour réduire la pauvreté et aider à l’instauration de sociétés plus intégratrices, démocratiques et équitables.
Dans l’histoire, il n’y a pas d’exemple de pays qui soient parvenus à un stade élevé de développement avec des taux d’alphabétisation des adultes et de couverture de l’enseignement de base aussi faibles que ceux affichés par la majorité des pays d’Afrique subsaharienne. Pour répondre à cet état de fait, il reste à la plupart des pays d’accroître l’accès à l’éducation primaire, surtout pour les pauvres et les populations des zones rurales et péri-urbaines.

Il faut également promouvoir  des politiques publiques qui encouragent les investisseurs privés et favorisent la montée du secteur privé dynamique et performant. Sur un continent où près de 60% de la population a moins de 25 ans, faisons de l’éducation et de l’emploi des jeunes notre cheval de bataille, car c’est à ce prix que nous pourrons  gagner le pari du développement. Sinon l’avenir de nos pays sera toujours jalonné de  « bombes à retardement » susceptibles d’exploser au contact de la moindre étincelle sociale.

Mon parti et moi-même allons aux élections l’année prochaine en RCA et tel est le substrat de notre crédo politique.

Je vous remercie
Martin ZIGUELE

 

Martin ZIGUELE élu par acclamations par le MLPC comme son candidat pour la prochaine présidentielle

Lors du Conseil Politique National et du congrès extraordinaire du MLPC qui se sont tenus du 20 au 22 Novembre 2014 à Bangui, Martin ZIGUELE, a été élu par acclamations comme le candidat MLPC pour la prochaine élection présidentielle en Centrafrique.

Tous nos vœux de victoire à Martin ZIGUELE !

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Discours de cloture de Martin ZIGUELE lors du congrès extraordinaire du MLPC

DISCOURS DU PRESIDENT DU PARTI POUR LA CLOTURE DU CONGRES EXTRAORDINAIRE DU MOUVEMENT DE LIBERATION DU PEUPLE CENTRAFRICAIN (MLPC)

- Bangui, le 22 novembre 2014 –


-    Messieurs les Représentants des Partis politiques des pays frères du Congo Brazzaville (Convergence Citoyenne) et du Tchad (Parti pour les Libertés et la Démocratie –PLD-), Membres de l’Internationale Socialiste et de l’Alliance Progressiste Mondiale) de l’Afrique centrale ;
-    Monsieur le Président de l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Transition (AFDT) ;
-    Messieurs les Présidents des Partis politiques, Membres de l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Transition (AFDT) ;
-    Messieurs les Représentants des Organisations des droits de l’Homme et de la Société civile ;
-    Distingués Invités ;
-    Camarades Militantes et Militants du MLPC ;
-    Chers Congressistes.

Nous voici au terme des travaux de notre Congrès extraordinaire. Pendant toute une journée, les Congressistes du MLPC ont abordé, dans la sérénité, des questions touchant à la vie interne de leur Parti politique, mais aussi à la situation préoccupante de la Nation centrafricaine. Au sortir de ces assises, je ne peux que me réjouir parce que, une fois de plus, le débat démocratique a pris le dessus dans cette rencontre qui s’est déroulée en toute fraternité et en toute camaraderie.

En adressant mes vives félicitations à mes Camarades Congressistes, permettez-moi, Mesdames et Messieurs, de dire aussi ma grande satisfaction car l’objectif principal de nos assises, qui était de désigner le candidat du parti à la future élection présidentielle centrafricaine, a été atteint. Les camarades ont fait preuve de sagesse militante.

Par cet exercice des primaires internes transparentes, nous venons une fois de plus de démontrer aux yeux de tous, si besoin en était, que le MLPC est un vrai parti démocratique.

Victoire Camarades ! Victoire Camarades ! Victoire Camarades !

Mes Chers Camarades Militantes et Militantes du MLPC,

Comme vous l’avez constaté à l’ouverture de nos assises, nombreux ont été les messages d’amitié et de soutien venus de tous horizons, de l’Internationale socialiste, de l’Alliance Progressiste Mondiale, du Parti Socialiste français, du Parti Socialiste béninois, du Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD) de Mauritanie et de la Fondation Jean JAURES, qui vous ont été lus ce matin par notre Secrétaire Général, sans oublier ceux de la Convergence citoyenne du Congo Brazzaville, du Parti pour les Libertés et la Démocraties (PLD) du Tchad, ainsi que celui du Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC) qui ont été délivrés par leur représentant respectif parmi nous ce matin. Cela témoigne à suffisance que le MLPC n’est pas seul dans sa lutte démocratique. Qu’il me soit permis, en votre nom à tous, d’adresser en retour à ces Partis et Associations politiques amis et frères, les sincères remerciements de notre Grand Parti, le MLPC.
Camarades Militantes et Militants du MLPC.
 
Une fois de plus, vous venez de renouveler votre confiance en votre humble serviteur que je suis, en me désignant pour porter les valeurs du MLPC lors de la prochaine élection présidentielle. En retour, je voudrais, du fond du cœur, vous remercier sincèrement pour cette nouvelle marque de confiance qui tout à la fois m’honore et me conforte dans mon engagement militant. C’est pour moi, comme le disait il y a quelques jours le tout récent Président de la transition du Burkina Faso Michel KAFANDO, ‘’un immense plaisir et un redoutable devoir’’.
 
En ouvrant ce matin les travaux de notre Congrès extraordinaire, je plaçais ces assises sous le signe de l’espoir. Maintenant que mon Parti a réussi le pari de ce premier exercice démocratique à travers des primaires en interne, je peux affirmer haut et fort que tous les espoirs sont permis. Car maintenant, c’est tous unis et comme un seul homme que le MLPC se prépare à s’engager dans les futurs enjeux démocratiques de l’élection présidentielle. 

-    Messieurs les Représentants des Partis politiques des pays frères du Congo Brazzaville (Convergence Citoyenne) et du Tchad (Parti pour les Libertés et la Démocratie –PLD-), Membres de l’Internationale Socialiste et de l’Alliance Progressiste Mondiale) ;
-    Monsieur le Président de l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Transition (AFDT) ;
-    Messieurs les Présidents des Partis politiques, Membres de l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Transition (AFDT) ;
-    Messieurs les Représentants des Organisations des droits de l’Homme et de la Société civile ;
-    Distingués Invités ;
-    Militantes et Militants du MLPC ;
-    Chers Congressistes.

Au cours de nos assises, compte a été rendu de la situation générale de notre société et de notre pays  à travers les différents rapports présentés par les congressistes. J’ai été particulièrement attentif, et tout aussi réceptif, à ces rapports. Je me réjouis de ce que, globalement, le constat est le même : le centrafricain à mal a son pays.

-    Camarades Militantes et Militants du MLPC ;
-    Chers Congressistes ;
-    Camarades Délégués venus de nos provinces et de l’extérieur.

C’est à l’aune du mal de notre pays que nous devons repenser la stratégie du combat que nous allons mener dans les mois à venir pour aller à la victoire finale. Je ne le répéterais assez : le train de l’histoire est en train de passer, et nous n’aurons aucune excuse devant les générations futures si nous le ratons une énième fois. 
 
En acceptant de porter les couleurs de mon Parti pour la future élection du Président de la République, je mesure l’immensité de la tâche qui est la mienne, et le poids des responsabilités. Mais heureusement pour moi, et contrairement à beaucoup, je ne suis pas un homme seul.

J’ai avec moi tout un Parti politique mobilisé, qui a mesuré l’ampleur des défis, et qui est prêt à les relever.

J’ai avec moi l’ensemble des forces démocratiques de notre pays avec lesquelles nous avons toujours travaillé en symbiose, et avec lesquelles nous allons mener les futurs combats électoraux, non pas comme des ennemis qui se regardent en face, mais comme des adversaires qui sauront se respecter.


J’ai avec moi un réseau de Partis et Associations politiques amis et frères, avec lesquels le MLPC partage l’essentiel de son idéologie.

Nous avons avec nous, Camarades, je vous le dis, tout un peuple fatigué, extenué, dont les derniers espoirs reposent désormais sur nos fragiles épaules.

A partir de là, aucune erreur ne sera tolérée, aucune faute ne sera pardonnée, puisque désormais les yeux de toute l’humanité se tournent vers nous.

-    Messieurs les Représentants des Partis politiques des pays frères du Congo Brazzaville (Convergence Citoyenne) et du Tchad (Parti pour les Libertés et la Démocratie –PLD-), Membres de l’Internationale Socialiste et de l’Alliance Progressiste Mondiale) ;
-    Monsieur le Président de l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Transition (AFDT) ;
-    Messieurs les Présidents des Partis politiques, Membres de l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Transition (AFDT) ;
-    Messieurs les Représentants des Organisations des droits de l’Homme et de la Société civile ;
-    Distingués Invités.

J’ai le plaisir de vous informer solennellement que mon Grand Parti, le MLPC, vient de réussir ses primaires internes, et m’a désigné comme son candidat à la future élection présidentielle dans notre pays.

Ce pari, ce devoir, cette responsabilité, je ne pourrais les porter seul, sans votre accompagnement comme vous l’avez toujours fait envers mon pays, en aidant les autorités de la transition à tout mettre en œuvre pour préparer, organiser et réussir des élections libres et transparentes, inclusives avec la participation de tous les centrafricains dont nombreux sont aujourd’hui réfugiés et déplacés, et sur l’ensemble du territoire centrafricain. S’il en était autrement, c’est alors ensemble que nous aurions failli. Car si vous n’accompagnez pas suffisamment mon pays dans le processus de transition, vous vous retrouverez avec une situation similaire à celle de la Lybie ou, pire, celle de la Somalie.
 
-    Camarades Militantes et Militants du MLPC ;
-    Chers Congressistes.

L’heure de la mobilisation a sonné. L’heure du combat pour la victoire finale a sonné.

Victoire Camarades ! Victoire Camarades ! Victoire Camarades !

Maintenant plus que jamais, nous devons rester unis et soudés. Nous devons aller partout, auprès de nos frères et sœurs, parler du même langage de l’unité, parler de la réconciliation, parler du dialogue et de la paix, pour qu’ensemble nous convergions vers l’étoile du berger, celle qui nous indique le gîte où est né le rédempteur. Je ne suis pas BALTHAZAR. Mais je vais ensemble avec vous, comme les Rois Mages, saluer notre résurrection.

La main sur le cœur, je lance un appel à tous mes anciens camarades qui, pour des raisons diverses, ont quitté le MLPC, à regagner leur maison ; c’est à bras ouverts qu’ils seront accueillis.

J’invite aussi tous ceux qui hésitent encore, à franchir le pas pour venir rejoindre leurs sœurs et leurs frères, en intégrant le MLPC, pour qu’ensemble nous allions sur le chemin de la victoire. La victoire, c’est maintenant, ou jamais.

J’exhorte d’ores et déjà mes sœurs et frères centrafricains d’autres bords politiques, qui seront engagés comme moi dans cette élection avec un autre parti politique ou en soutien à un parti politique, à de la retenue et au sens patriotique, car c’est un combat démocratique que nous allons mener, et non pas une guerre fratricide. Autrement, le peuple centrafricain retirera définitivement le peu de confiance qu’il place encore en ses hommes politiques.

-    Messieurs les Représentants des Partis politiques des pays frères du Congo Brazzaville (Convergence Citoyenne) et du Tchad (Parti pour les Libertés et la Démocratie –PLD-), Membres de l’Internationale Socialiste et de l’Alliance Progressiste Mondiale) ;
-    Monsieur le Président de l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Transition (AFDT) ;
-    Messieurs les Présidents des Partis politiques, Membres de l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Transition (AFDT) ;
-    Messieurs les Représentants des Organisations des droits de l’Homme et de la Société civile ;
-    Distingués Invités ;
-    Militantes et Militants du MLPC ;
-    Chers Congressistes.

Nous sommes tous en train d’écrire une page de l’histoire de la République centrafricaine. Car, je vous en conjure, en plusieurs années de lutte politique et autant de combat démocratique, jamais je n’ai senti un aussi grand besoin pour le peuple centrafricain de tourner la page de ses errements, de se prendre lui – même en charge, et de travailler résolument à la construction de son pays. Ceci me conforte, et me rend fier de mes compatriotes.

L’œuvre de reconstruction nationale, c’est ici et maintenant que nous devrions nous y engager.

Mon Parti politique et moi – même, avec nos alliés de la plate – forme politique de l’Alliance des Forces Démocratiques de la Transition (AFDT), allons travailler à l’unité du peuple centrafricain, dans la dignité.

Ces deux (02) dernières années, on a beaucoup entendu dans notre pays dire que tel est musulman, que tel autre est chrétien, alors que nous avions toujours vécu sur cette terre de nos ancêtres en toute symbiose, et riches de notre diversité. Notre vivre ensemble est fortement ébranlé, mais la césure n’est pas encore totale, et grâce au legs de nos aïeux, notre patrimoine incommensurable qu’est le sango, notre langue nationale, nous allons recoller ensemble les morceaux du pot cassé.

En réalité, ce sont des manipulateurs aigris qui ont tenté d’instrumentaliser le spectre du communautarisme pour s’accrocher désespérément aux vestiges d’un pouvoir qu’ils ont eux – mêmes laissé tombé en lambeaux, au détriment de l’intérêt général et au détriment de la société centrafricaine. Mais la page est tournée.

A partir de ce jour, je lance un vibrant appel à tous mes frères et sœurs. Il n’y a pas de musulman ; il n’y a pas non plus de chrétien ; il y a des centrafricains, tout court. Laissez – tomber vos rancœurs qui, je sais, sont grandes. Ne vous laissez pas entrainer par la haine.

Vous avez été victimes d’injustice, et vous en gardez le ressentiment, parce que l’Etat, qui était censé vous protéger, n’était pas là pour le faire. Vous avez cru devoir recourir à la justice privée pour réparer les torts que vous avez subis. Mais sachez que la communauté internationale est mobilisée à nos côtés, et sachez que je prends formellement l’engagement de tout faire pour que la justice passe avant la réconciliation et le pardon. Quand bien même la justice des hommes ne vous aura pas été rendue, celle, plus redoutable, de Dieu, qui voit tout et qui sait tout, vous sera rendue. C’est pourquoi je vous invite tous, frères et sœurs centrafricains, à l’apaisement et au désarmement de vos cœurs.   
 
-    Camarades Militantes et Militants du MLPC ;
-    Chers Congressistes.

Les jours qui vont suivre seront déterminants pour les luttes à venir. Nous allons œuvrer ensemble à la mise en place d’une direction nationale de campagne, selon les critères que vous aurez retenus. Je poursuivrai le travail engagé avec le cercle de certains camarades, sympathisants et amis, pour vous soumettre ce qui sera notre Programme politique, selon les axes de notre Projet de société. Rien ne sera fait sans vous ; tout sera fait avec vous, et par vous. Personne ne sera mis à l’écart. Il y a tant à faire, et chacun doit y apporter sa contribution.

-    Camarades Militantes et Militants du MLPC ;
-    Chers Congressistes.

Au cours de vos travaux, vous avez mis en exergue les difficultés que nous aurons à surmonter dans notre lutte pour la conquête du pouvoir. Je me réjouis que les années passées dans l’opposition politique, au lieu de nous affaiblir, nous a confortés. Et je sais que la même farouche détermination nous amènera à les surmonter.

C’est le moment de nous séparer. Je prends l’engagement devant vous, et devant l’éternel, de m’inspirer des résultats de vos travaux et des quatre (04) piliers du Projet de société de notre Parti politique pour préparer le Projet de société pour la campagne électorale. Je prends l’engagement de désigner une Direction Nationale de Campagne consensuelle et dynamique, fortement représentative de notre Parti, selon les profils que vous aurez vous mêmes définis. Je prends l’engagement de mener cette lutte non pas pour perdre, mais pour la victoire finale.

Je lance est un vibrant appel au rassemblement et à la mobilisation.

Au moment de nous séparer, je demande à Dieu le Père de raccompagner les Camarades Congressistes qui sont venus de nos provinces, de la Lobaye, de la Mambéré Kadéi, de la Sangha Mbaéré, de la Haute Kotto, du Bamingui Bangoran, de la Nana Mambéré, de l’Ouham, de l’Ouham Pendé, de la Kémo, de la Vakaga, de l’Ombella M’Poko, etc. et ceux qui sont venus de l’extérieur, notamment des fédérations d’Europe-Amérique-Asie et Moyen Orient et du Cameroun, dans le chemin du retour dans leur foyer respectif. Qu’ils aillent dire à tous nos camarades qui n’ont pas pu faire le déplacement que l’heure de la victoire a sonné. Qu’ils aillent dire à ceux qui croyaient que le MLPC est mort et enterré, que nous sommes là.
 
Victoire Camarades ! Victoire Camarades ! Victoire Camarades !

J’aurais tant voulu que nous restions ensemble, pour partager, en toute communion, la même ferveur.

Mais, hélas ! Il faut nous séparer. Et, une fois encore, avant de nous séparer, je demande au même Dieu sa protection pour que nos frères venus du Congo Brazzaville et du Tchad puissent rentrer chez eux, retrouver leur famille respective et transmettre à leur plus grande famille, leur famille politique, nos remerciements et nos salutations. Les remerciements et les salutations du MLPC qui est honoré par leur marque de soutien.

Partez donc tous en paix, et puisse Dieu vous protéger !

Sur ce, je déclare clos les travaux de notre Congrès extraordinaire.

Victoire Camarades ! Victoire Camarades ! Victoire Camarades !

Je vous remercie.



Martin ZIGUELE

Président du Bureau Politique National

Candidat désigné pour l’élection présidentielle

Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC)

Allocution d'ouverture du Président du parti à l'occasion du congrès extraordinaire du MLPC

ALLOCUTION D’OUVERTURE DU PRESIDENT DU PARTI A L’OCCASION
DU CONGRES EXTRAORDINAIRE DU MOUVEMENT DE LIBERATION DU PEUPLE CENTRAFRICAIN (MLPC)

Bangui, le 22 novembre 2014

-    Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, Chefs de Mission Diplomatique et Représentants des Organisations Internationales ;
-    Messieurs les Présidents des Partis et Associations politiques ;
-    Messieurs les Représentants des Organisations des droits de l’Homme, et de la Société Civile ;
-    Distingués Invités ;
-    Camarades Militantes et Militants du MLPC ;
-    Chers Congressistes.

Il y a aujourd’hui  un peu plus de huit (08) ans, au cours de notre  Congrès extraordinaire de juin 2006,  vous m’avez m’a fait l’honneur de me porter provisoirement à la tête de notre Parti. Vous m’avez confirmé à ce poste  lors des assises de notre IIIème Congrès ordinaire, tenu en juin 2007 ici à Bangui.
Cela fait donc aujourd’hui huit années que vous me faites confiance, et pendant  ces  huit (08) années de dur combat militant,  beaucoup de choses ont été accomplies malgré l’adversité, j’allais même dire malgré l’hostilité ouverte et bien souvent injustifiée contre notre Parti.
Cependant, je dois souligner avec force que votre soutien militant, vous camarades qui êtes représentés ici, ainsi que celui de  certains autres  qui ne sont hélas plus de ce monde, sans oublier le soutien de nos frères démocrates centrafricains et  d’ailleurs, nous ont été déterminants pour faire face à cette adversité.
C’est donc pour moi l’occasion de vous remercier tous, camarades militantes et militants de notre Grand Parti, tous nos frères démocrates centrafricains et tous nos camarades membres de l’Internationale Socialiste ici présents, dont nous saluons  les messages de soutien et de solidarité.
Je tiens à  saluer chacun d’entre vous et à vous adresser mes chaleureux  remerciements, ainsi que ceux de tous nos militants, pour avoir accepté de participer à cette cérémonie d’ouverture de notre Congrès extraordinaire, et pour votre présence effective parmi nous.


Camarades,

En ce jour où nous nous retrouvons à nouveau à un Congrès extraordinaire de notre Parti, je voudrais solennellement, en ma qualité de Président du Parti, vous inviter tous à vous lever et à observer une minute de silence en la mémoire de nos nombreux compatriotes et ressortissants  de pays amis, victimes innocentes des évènements que notre cher pays traverse depuis le début de décembre 2012.
Je vous prie d’associer à vos pensées nos sœurs et frères qui sont tombés, victimes de leur foi militante sous le régime défunt, et  plus particulièrement, je voudrais que nous saluons tous  la mémoire de celui qui restera toujours notre Grand Camarade, le défunt Président Ange Félix PATASSE, tout comme celles de nos illustres Camarades Joseph Vermond Tchendo, Alphonse Mete-Yapende , Albert Francis Ouakanga ,Paul Zala et Faustin Motsoki,  pour ne citer que ceux qui nous ont quitté cette année.

Je vous remercie.

-    Chers Congressistes ;
-    Camarades Délégués venus de nos provinces et de l’extérieur.

Je tiens aussi, avant toute chose, à saluer les camarades venus des fédérations d’Europe-Amérique- Asie- Moyen-Orient Océanie et du Cameroun, je salue les camarades venus de la Mambéré-Kadéi, de la Sangha-Mbaéré, de la Haute-Kotto, du Bamingui-Bangoran, de la Nana- Mambéré, du Haut-Mbomou, du Mbomou, de la Ouaka , de la Basse-Kotto, de la Nana-Gribizi, de l’Ouham, de l’Ouham-Pendé, de la Lobaye, de la Kémo, de l’Ombella-Mpoko, et de la Vakaga. Vous êtes venus à moto depuis Sam-Ouandja et  Berbérati, en pirogue depuis Mobaye, par divers moyens pour être là, présents à votre congrès. C’est ça le MLPC, cet esprit militant, cet engagement total,  sans lequel ce Parti n’existerait plus et sans lequel les présentes assises n’auraient pas pu se tenir.
 
Mes pensées vont aussi en ce moment aux nombreux camarades empêchés pour diverses raisons de  prendre part aux travaux de notre Congrès extraordinaire, je leur envoie mes salutations militantes.

-    Camarades Militantes et Militants du MLPC ;
-    Chers Congressistes.

Lorsque je prenais la présidence de notre Parti le MLPC en juin 2006, il  revenait de loin. Nous venions en effet, trois (03) ans plus tôt, de perdre le pouvoir suite au coup d’Etat du 15 mars 2003, après dix (10) années de son exercice grâce à la seule alternance démocratique de 1993 que notre pays, la République centrafricaine, ait connue depuis son indépendance.
Faut-il le rappeler, ce coup d’Etat consécutif à une longue et dévastatrice rébellion, a été l’œuvre de celui que je ne nommerai pas, et qui pour ce crime imprescriptible contre la nation, s’est attaché les services de mercenaires étrangers appelés « libérateurs » pour les besoins de la cause.
Ces prétendus libérateurs, après avoir écumé notre pays, ont été incorporés dans notre armée, notamment la garde présidentielle, avec les conséquences que nous avons tous vécues, d’abord en avril 2004 au PK 12 pour des histoires de promesses financières non tenues, et à partir de 2012 dans l’arrière-pays.
Vous noterez, ironie de l’histoire, que ceux qui ont introduit le Cheval de Troie en RCA jusqu’au cœur de Bangui le 15 mars 2003  tentent désespérément de réécrire l’histoire, en distillant des rumeurs selon lesquelles le MLPC et son Président, ainsi que ses alliés de l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Transition (AFDT), seraient ceux qui auraient  introduit les loups dans la bergerie. Les faits historiques ont pourtant là, têtus, et j’y reviendrai. 

Camarades,

Notre retour dans l’opposition en 2003 s’est fait dans la douleur. Le pouvoir à l’époque a usé de tous les moyens pour diviser notre Grand Parti, jeter les cadres en prison et forcer d’autres à l’exil, dans le seul but d’affaiblir notre combat militant. Comme certains prétendus stratèges politiques à la petite semaine le disaient à l’époque, « le MLPC étant devenu une troupe sans chef et le putschiste un chef sans troupe », le nouveau pouvoir allait donc s’emparer logiquement de notre Parti. Mais Camarades, vous avez su résister, et votre résistance nous a donné la force de sauver le Parti. Aujourd’hui, grâce à votre lutte, grâce à votre résistance pacifique, le MLPC est plus que jamais debout.  
Déjà en 2005, lors des échéances électorales, en dépit des manœuvres diaboliques  mises en œuvre pour nous écarter de la course à l’élection présidentielle, nous avons réussi à être présents au second tour. Nous n’avons accepté la défaite que l’on nous a attribuée que pour préserver la paix sociale, et nous n’avions pas comme d’autres, suscité et soutenu des mouvements de rébellion. « Nzapa la a mou na é fadé kangango bé ! »

Une fois encore, à l’issue du hold-up électoral de 2011, notre pays a franchi le rubicond en faisant un grand bon démocratique en arrière pour se retrouver avec une Assemblée nationale monocolore composée des députés du seul parti au pouvoir et ses alliés grâce à des fraudes électorales jamais égalées dans notre pays. Au total, pendant les dix (10) années passées au pouvoir, le régime défunt n’a eu de cesse de tout mettre en œuvre pour fragiliser non seulement le MLPC, mais aussi tous les autres Partis politiques ayant des aspirations démocratiques et qui ne se reconnaissaient pas dans sa gouvernance. Toutes ses diatribes ne visaient que le MLPC, ses alliés et votre  modeste Président que je suis.

Comme je le disais tantôt, pendant ces dix (10) années, le MLPC  n’a jamais baissé les bras. En effet, avec les partis politiques amis et frères qui étaient dans l’ancienne opposition politique, regroupés d’abord au sein de l’Union des Forces Vives de la Nation (UFVN) puis dans le Front pour l’Annulation et la Reprise des Elections de 2011, en abrégé FARE 2011, le MLPC n’a ménagé aucun effort pour dénoncer les dérives claniques et autocratiques du pouvoir qui conduisaient droit au mur, et engageaient notre société vers l’implosion.
Le résultat est celui que vous connaissez : notre pays a vu se multiplier plusieurs groupes de rébellion armée qui ont écumé les villes et villages de notre arrière-pays, prenant en otage les paisibles citoyens qui ne pouvaient plus vaquer librement à leurs activités quotidiennes. Ce seront ces groupes rebelles dont l’ossature est constituée des fameux libérateurs de mars 2003, qui mettront fin à ce  régime le 24 mars 2013, tout en plongeant, malheureusement,  notre pays dans une crise de laquelle nous peinons à sortir.

Mais je ne suis pas là aujourd’hui pour vous parler du passé. Je suis là pour parler avec vous de l’avenir, de notre avenir commun. Cet avenir que nous voulons radieux commence par les travaux de notre Congrès extraordinaire, à l’issue duquel le MLPC va désigner son candidat pour les futures échéances électorales.

-    Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, Chefs de Mission Diplomatique et Représentants des Organisations Internationales ;
-    Messieurs les Présidents des Partis politiques ;
-    Messieurs les Représentants des Organisations des droits de l’Homme ;
-    Distingués Invités ;
-    Camarades Militantes et Militants du MLPC ;
-    Chers Congressistes.

Malgré  ce sombre décor, et toutes les vicissitudes que nous avons connues, notre  Grand Parti le MLPC  a continué sa marche en avant. Après  le Congrès de l’Unité en juin 2007 où nous avons scellé la réconciliation et la réunification avec nos frères de l’ex-MLPCO, nous avons procédé à la restructuration géographique du Parti. Nous avons  restauré les cellules,  les sections  et les sous-fédérations qui sont nos organes de base, sur l’ensemble du territoire de notre pays. Ce travail doit s’intensifier après ce Congrès et notre objectif est d’avoir 5000 cellules de base dans les 5000 villages et quartiers de villes que compte la RCA.

Nous avons poursuivi notre mue en renforçant la gouvernance démocratique interne, consacrant ainsi le plein envol des organes connexes du Parti que sont le Mouvement de Libération de la Femme Centrafricaine (MLFC) et le Mouvement de Libération de la Jeunesse Centrafricaine (MLJC) dont je salue ici le dynamisme, l’engagement militant et le sens du combat politique.

Nous avons créé l’Ecole du Parti avec une direction composée de cadres multidisciplinaires, et qui forme désormais nos militants à l’idéologie du Parti, mais aussi sur les principes démocratiques et la gouvernance politique. Nous faisons appel en cas de besoin à des personnalités non partisanes pour intervenir dans l’Ecole du Parti, car de la discussion jaillit la lumière.
Nous avons renforcé notre alliance avec les plus Grands Partis Politiques de notre pays pour nous serrer les coudes afin d’asseoir durablement la démocratie en Centrafrique, et pour mener ensemble aujourd’hui et demain le combat de la libération de notre peuple de l’asservissement.


Enfin, je dirais même mieux, en plus, le MLPC a intégré depuis juin 2008 la grande famille de l’Internationale socialiste et est membre fondateur de l’Alliance Progressiste Mondiale, lors de sa création en Allemagne en 2013. Comme vous le savez, cette Alliance est  le réseau de travail des partis progressistes du monde entier..

-    Camarades Militantes et Militants du MLPC ;
-    Chers Congressistes.

Au moment où nous ouvrons les assises de notre Congrès extraordinaire, notre peuple est meurtri comme jamais auparavant. Notre société est divisée. Notre économie est au plus mal. Le spectre de la guerre civile hante nos esprits à chaque instant de notre vie. Notre cohésion sociale est structurellement ébranlée. Les Centrafricains ne savent plus à quel saint se vouer.

Nombreux sont  nos frères et nos sœurs qui ont trouvé la mort, une mort administrée très souvent par d’autres frères et sœurs avec qui nous avons toujours vécu en harmonie.  D’autres ont dû leur salut à leur fuite éperdue, pour se  réfugier dans des pays étrangers, tandis que d’autres vivent en brousse ou sur des sites précaires, déplacés dans leur propre pays. D’innocentes femmes et de pauvres enfants sont tous les jours exposés au grand banditisme, victimes de la barbarie sanguinaire des miliciens armés. On a voulu instrumentaliser la religion pour créer dans notre pays une soi-disant guerre confessionnelle. Lassée, la population centrafricaine ne croit plus en rien ni en personne.

Pour tout dire, les Centrafricains aujourd’hui ne savent même plus s’ils vont sortir un jour de cette situation douloureuse. Ils doutent de voir leur pays, la République centrafricaine, renouer avec  un climat de paix et de cohésion sociale leur permettant d’œuvrer à leur bien-être social et leur épanouissement personnel.

-    Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, Chefs de Mission Diplomatique et Représentants des Organisations Internationales ;
-    Messieurs les Présidents des Partis politiques ;
-    Messieurs les Représentants des Organisations des droits de l’Homme ;
-    Distingués Invités ;
-    Camarades Militantes et Militants du MLPC ;
-    Chers Congressistes.

En juin 2007, je commençais mon discours d’ouverture du 3ème Congrès ordinaire du MLPC en citant un  héros africain de la lutte pour l’indépendance, qui avait coutume de dire : ‘’Quelle que soit la longueur de la nuit, le jour finit toujours par se lever’’. En évoquant la souffrance de mes compatriotes en ce jour, je ne peux m’empêcher de dire que cette citation est  d’une brûlante actualité. Il faut y croire.

Oui, nous devons croire. Croire en nous. Croire aux immenses potentialités de notre pays. Croire en notre humanité. Le jour viendra en effet où la confiance regagnera notre peuple, et où la joie de vivre reviendra dans notre pays. Et ce jour, le MLPC et moi-même, nous y travaillons chaque heure et chaque jour que Dieu fait, avec tous les cadres du Parti, ici et à l’étranger. Nous travaillons sur un vaste projet de relèvement de notre pays dans la paix, l’unité,  la dignité et  le travail. Les Romains, il ya deux mille ans, n’avaient-ils pas dit « Labor improbus omnia vincit » Oui en effet, seul le travail nous permettra de vaincre toute cette marée de valeurs négatives qui a déferlé sur notre pays.
Pour ma part, je continuerai, à vos côtés,  à ne ménager aucun effort pour mener le combat pour lequel je me suis engagé très jeune, en adhérant au MLPC à l’âge de 22 ans. Ce combat pour la libération du peuple centrafricain est plus que d’actualité, et l’Histoire ne nous pardonnera pas de nous en dérober.

Camarades, comme je le fais partout où je passe,  je continuerai de plaider et d’œuvrer pour le retour de nos sœurs et frères réfugiés et déplacés, avant le démarrage du processus électoral.
Aller aux élections avant le retour des déplacés et surtout des réfugiés, c’est donner raison aux apôtres de la division.

Aller à la réconciliation sans que la justice ne soit rendue aux nombreuses victimes des barbaries subies depuis plusieurs décennies, c’est accorder une prime à la kalachnikov et à la violence aveugle.

Comme tous les peuples du monde, les Centrafricains dans toutes leurs composantes aspirent à la paix. Nous voulons la paix, et vous connaissez tous ce vieil adage qui dit : «  si tu veux la paix, prépares la guerre »

C’est pourquoi je demande  aux autorités de la transition, qui ont notre soutien,  de ne ménager aucun effort pour ramener la paix et la quiétude dans notre pays. Pour cela il nous faut une armée, il nous faut notre armée, aux côtés des forces internationales dont nous  saluons les actions et les sacrifices, et nous nous inclinons devant leurs fils qui sont innocemment tombés au champ d’honneur pour nous défendre.
Il nous faut notre armée qui doit être remise debout de concert avec la communauté internationale. C’est à l’ombre tutélaire de nos forces armées, que nous aurons la paix qui nous permettra de réconcilier durablement nos concitoyens entre eux, de créer les conditions pour que les Centrafricains déplacés à l’intérieur du pays , et ceux qui sont réfugiés à l’extérieur rentrent tous enfin chez eux, et de travailler efficacement pour l’organisation d’élections crédibles et transparentes à l’issue desquelles se mettront en place des institutions démocratiques, seules gages de la stabilité et de la cohésion nationales.
Il est impératif pour nos compatriotes aussi bien Ex- Séléka que les  Anti – Balaka de respecter les dispositions des Accords de Brazzaville qu’ils ont signés, et de s’inscrire en conséquence dans une démarche de paix véritable, car on peut tout faire avec une baïonnette, sauf de s’asseoir dessus.

Quant à vous, Chers Camarades Militantes et Militants du MLPC, je vous exhorte à travailler pour la réconciliation nationale, en allant vers tous vos compatriotes, pour leur parler du dialogue et de la paix avec tous, même et surtout à  ceux qui croient, à tort, que nous sommes leurs ennemis. Nous ne pouvons pas être des ennemis de nos propres compatriotes centrafricains pour la très simple raison que  nous sommes tous des filles et des fils de ce pays bien doté par la nature, et que nous avons en partage. Nous devons tous être conscients que si notre pays est aussi pauvre, c’est principalement  parce que depuis cinquante ans nous nous trompons d’adversaire.  Notre véritable ennemi est l’absence de conscience citoyenne, c’est-à-dire de l’intérêt général, qui nous a conduits à la misère et surtout à la division.
 
-    Camarades Militantes et Militants du MLPC ;
-    Chers Congressistes.

Nous sommes au pied du mur, et nous devons nous relever. Pensons d’abord à notre pays et à notre peuple, avant toute chose. Construisons le présent et le futur en nous fondant sur des valeurs républicaines à restaurer. Ne nous laissons pas distraire par ceux qui, ayant plongé notre pays dans cette situation douloureuse, éprouvent un malin plaisir à distiller des fausses allégations pour ternir l’image de notre Grand Parti le MLPC, en affirmant que nous aurions été les complices de l’avènement de l’ex- coalition Séléka. Ce sont les mêmes qui, lors des évènements du 28 mai 2001 ont conseillé au Président Patassé de faire venir les troupes de Jean-Pierre Bemba, et qui ont tenté de me couvrir d’opprobre en m’accusant d’avoir fait venir des Banyamulengués.
Bien que j’ai été innocenté en grande instance et en appel par la justice de notre paysqu’ils ont pourtant eux-mêmes saisie, , ils proposent périodiquement le même plat parce que leur seul rêve obsessionnel est de tout faire pour barrer la route au MLPC.

C’est dans ce même registre que s’inscrivent les accusations de prétendue complicité du MLPC avec la Séléka, que profèrent  ceux-là mêmes qui ont porté au pouvoir les ancêtres de la Séléka le 15 mars 2003. C’est une règle élémentaire de droit partout dans le monde : lorsque vous accusez quelqu’un d’un crime ou d’un délit, c’est à l’accusateur d’en apporter la preuve. Dans le cas de nos accusateurs anonymes, ils demandent plutôt à l’accusé de prouver qu’il est innocent.

Ne nous laissons pas entraîner dans des digressions fumeuses ou dans des querelles inutiles avec des ragots de basse échelle. Le MLPC est un parti politique profondément démocratique. Nous ne connaissons pas d’autres moyens pour l’accession au pouvoir que la lutte démocratique et les urnes ;  et nous l’avons démontré en 1993.

Chassé par un coup d’Etat rebelle du pouvoir qu’il a conquis par la voie des urnes, le MLPC n’a jamais pris des armes contre le pouvoir établi, ni organisé quelque manifestation que ce soit dans le dessein de déstabiliser le pouvoir.

Notre seule arme est celle que nous avons utilisée depuis notre création pour lutter contre la dictature sous l’empire centrafricain : le combat démocratique. Nous sommes toujours présents lorsqu’il s’agit de  s’associer aux  forces démocratiques  de notre pays épris de paix et de justice pour mener la lutte  politique démocratique contre les potentats de tous poils.

Aussi, je vous exhorte à ne jamais céder aux provocations. Si quelqu’un avait la moindre preuve de cette soi-disant collusion du MLPC avec une quelconque rébellion, qu’il la sorte ! Mais je vous assure qu’il n’y en a pas tout simplement parce que ni de près ni de loin votre Parti n’a opté pour la violence comme mode de conquête du pouvoir. Le MLPC est  à l’aise et a la conscience tranquille sur cette question.

-    Camarades Militantes et Militants du MLPC ;
-    Chers Congressistes.

L’heure est grave. A cause de la situation dramatique que vous traversez, beaucoup d’ illusionnistes, comme des mauvaises herbes après les premières pluies de la saison,  se disent que le moment est propice pour vous vendre des faux espoirs, et de fausses rumeurs savamment distillées.

Vous n’êtes pas des marchandises à acheter à coup de billets de banques, et souvenez-vous de l’adage qui dit « a beau mentir qui vient de loin »
Regardez bien les nouveaux prophètes, et ne vous laissez pas distraire, comme Ulysse dans la mythologie grecque, par les chants de cygne.
Le MLPC est et restera une maison ouverte à toutes les Centrafricaines et à tous les Centrafricains, de toutes les origines et de toutes les croyances.
Nous sommes  un parti de masse, le parti du peuple, issu du peuple, et dont le cœur bat au diapason de celui de toutes les filles et les fils de ce pays. Je lance un appel solennel à toutes celles et à tous ceux qui avant-hier et hier étaient encore au MLPC et qui se sont retirés pour diverses raisons, à revenir à leur maison-mère. De même j’appelle tous nos compatriotes qui, pour diverses raisons, n’ont pas encore rejoint le MLPC de le faire. Nos portes sont grandement ouvertes, car nous sommes le Parti du Rassemblement.

Camarades,

Il ne vous a pas échappé qu’à l’issue de sa dernière session qui vient de se tenir la semaine dernière à Bangui, le Groupe International de Contact a entériné la proposition de l’Autorité Nationale des Elections de reporter de cinq (5) mois les élections législatives et présidentielles dans notre pays. Sauf nouvel ordre, ce sera donc pour les mois de juin et juillet prochains. Nous ne pouvons donc que formuler l’espoir qu’avec le soutien multiforme de la Communauté internationale déjà présente dans notre pays par ses forces armées et ses institutions diverses, les conditions seront rapidement réunies pour permettre la tenue dans de bonnes conditions de sécurité et de sérénité ces élections tant attendues desquelles devront sortir les prochains dirigeants que notre peuple aura choisis.
Le MLPC notre parti, doit évidemment être présent à cet important rendez-vous pour l’avenir de notre pays et des Centrafricains.

Au cours des présentes assises, vous allez donc choisir notre candidat pour la future élection présidentielle parmi plusieurs postulants parce que dans notre Parti il n’y a pas de candidat naturel. Nos textes statutaires précisent bien que le Président du Parti n’est pas son candidat automatique lors des joutes électorales nationales. Ainsi donc, votre choix est libre.

Je vous exhorte à faire en âme et conscience, librement, le choix de celle ou de celui que vous estimez être le plus apte à vous représenter dans cette bataille combien importante pour la libération du peuple centrafricain. 

Pour ma part, je reste au service du Parti et je ne me déroberai pas de mon devoir, puisque je sollicite également vos suffrages lors de ces primaires  pour représenter notre parti lors de prochaine élection présidentielle. Une fois cette étape des élections primaires franchie, nous nous mobiliserons tous derrière le ou la camarade désigné(e), pour mener le combat de la victoire finale.

Comme vous le constatez vous-même Camarades, ce Congrès est plein de perspectives, puisqu’au sortir de nos assises, nous aurons désormais un candidat qui portera nos couleurs et notre espoir pour gagner la future élection présidentielle.
C’est pourquoi je place ce Congrès extraordinaire sous le signe de l’espoir.

Je déclare donc ouvertes les assises du Congrès extraordinaire du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain.

Je vous remercie Camarades et souvenez-vous toujours que seule la lutte libère.

Victoire Camarades ! Victoire Camarades ! Victoire Camarades !

La lutte continue, car notre victoire est certaine.

Martin ZIGUELE

Président du Bureau Politique National
Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC)


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