Discours d'ouverture des travaux du Conseil Politique National

DISCOURS D’OUVERTURE

DES TRAVAUX DU CONSEIL POLITIQUE NATIONAL (CPN)

 

Bangui, les 20 et 21 Novembre 2014

 

 

Camarades Conseillers Politiques Nationaux,
Camarades vice – Présidents du Parti,
Camarades membres du Bureau Politique,
Camarades militantes et militants,
Chers invités,
Mesdames et messieurs,

Au nom du Bureau Politique, je vous salue et vous souhaite à toutes et à tous, la bienvenue à ce Conseil Politique National du MLPC.
C’est pour moi un réel plaisir et un insigne honneur de vous revoir après tant d’années où il ne nous a pas été permis de réunir une session ordinaire du Conseil Politique National, la dernière ayant eu lieu en Février 2009.

Camarades CPN,

Conformément aux dispositions de l’article 25 de nos statuts, le Conseil Politique National qui est l’organe de décisions le plus élevé du Parti dans l’intervalle des congrès. Il se réunit une fois par semestre en session ordinaire sur convocation du Président du Parti. Il se réunit également en session extraordinaire à la demande du Président du Parti ou des 2/3 de ses membres.
Il importe donc de rappeler que depuis Février 2009, le Conseil Politique National n’a pu être convoqué en raison de certaines contingences politiques, sécuritaires et structurelles, inhérentes à plusieurs événements survenus dans notre pays depuis le hold-up électoral du Président François BOZIZE.
L’essentiel est qu’aujourd’hui, nous soyons tous enfin réunis pour cette présente session du CPN au cours de laquelle, nous aurons à débattre de l’ordre du jour suivant :

A.    - Examen et adoption du rapport moral, politique et financier du bureau politique.

B.    - Examen des propositions d’amendements des textes de base du Parti (statuts et règlement intérieur) en vue d’y insérer ultérieurement :


1.     Examen des procédures et modalités de candidatures aux élections présidentielles et législatives.

- Le profil du candidat du MLPC à l’élection présidentielle et aux élections législatives,
- La procédure d’élection primaire du candidat du MLPC à l’élection présidentielle et aux élections législatives,
- la composition du dossier de candidature à l’élection présidentielle et aux élections législative,


2.     La création de l’école du parti,

3.     La création de l’organe de presse Kongo wara,

4.     La création de la télévision en ligne du MLPC,

5.     La création de la radio diffusion du MLPC.

C.   Divers


Camarades CPN,
Distingués invités.

Depuis notre dernière session en février 2009, plusieurs événements ont marqué l’évolution de notre pays que  je m’en vais rappeler brièvement pour servir de fil conducteur à nos réflexions au cours de ces travaux.

1°) – La désastreuse parodie électorale du 27 janvier 2011 caractérisée par une fraude massive sans précédent dans l’histoire de notre pays,  a consacré la scandaleuse entrée dans une Assemblée nationale monocolore de plusieurs membres de la famille du président François BOZIZE et des alliés de son parti alors au pouvoir. Malgré le refus des partis de l’opposition démocratique de l’époque de reconnaître les résultats de ce hold-up électoral, le KNK et son leader ont verrouillé la vie politique nationale à leur seul profit  tout en instrumentalisant la Cour constitutionnelle qui a rejeté en bloc quasiment toutes les requêtes pourtant fondées, des candidats et formations politiques de l’opposition démocratique.

2°) – Malgré l’insistance de la communauté internationale et de certains chefs d’état des pays voisins et frères qui n’ont eu de cesse de lui prodiguer des conseils d’ouverture politique à l’opposition et de lui préconiser la nécessité du dialogue et la concertation, le président François BOZIZE s’est hermétiquement enfermé dans sa surdité et croyait avoir raison contre tout le monde. C’est ici que se trouve la vraie explication de la naissance de la coalition Séléka et de la chute du régime KNK et non dans la stratégie de recherche de bouc-émissaire que François BOZIZE et ses partisans ont déployée pour accuser le MLPC et son Président d’avoir pactisé avec la rébellion de Séléka pour les renverser du pouvoir.

3°) – C’est dans ce contexte que la rébellion armée de Séléka est née et s’est retrouvée en un temps record aux portes de Bangui. C’est aussi dans ce décor que se sont déroulées les négociations politiques sous les auspices des chefs d’état de la CEEAC ayant abouti aux fameux Accords de Libreville qui, s’ils avaient été un tant soit peu respectés par les parties signataires, auraient pu éviter à notre pays de basculer dans la situation cauchemardesque qui a suivi la fuite précipitée de François BOZIZE et le calamiteux pouvoir Séléka. Cette situation a entraîné l’apparition de la milice anti-balakas mêlée aux diverses manœuvres et velléités de retour au pouvoir de François BOZIZE et son clan pour plonger la République Centrafricaine  dans les fâcheuses conséquences qui empoisonnent jusqu’à présent quotidiennement l’existence de nos compatriotes.

4°) – Aujourd’hui, notre pays est objectivement placé sous une tutelle internationale qui ne dit pas son nom. Le degré d’effondrement de l’état centrafricain a atteint un niveau tel que c’est la communauté internationale qui est hélas obligée d’assurer les obligations régaliennes habituelles d’un état. Les Accords de Libreville avaient prescrit la mise en place d’un régime de transition qui en est malheureusement déjà à son troisième Chef d’état ainsi qu’à trois Premier Ministre. Prévue initialement pour durer dix-huit (18) mois au moins et vingt et quatre (24) au plus tard,  l’actuelle transition qui a connu plusieurs fois des échecs, doit cependant déboucher sur des élections législatives et présidentielles dont le calendrier vient d’être reporté de cinq mois supplémentaires par la dernière session qui a eu lieu ici à Bangui, du Groupe International de Contact sur proposition de l’Autorité Nationale des Elections.

Camarades CPN,
Distingués invités.

En effet, il y a aujourd’hui 5 ans que le Conseil Politique National s’est réuni pour débattre des questions de la refondation du Parti et des préparatifs des élections Présidentielles et Législatives qui ne se sont tenues qu’en janvier 2011.
A l’issue des travaux de 2009, le CPN a adopté (20) résolutions et (13) recommandations nécessaires à la relance des activités du Parti et les préparatifs des prochaines échéances de 2010 puis 2011.
Au sortir des assises du CPN, le Bureau Politique s’est engagé à concrétiser ces directives par la mise en place de plusieurs commissions de réflexion dont les rapports ont été remis au Bureau Politique.
Ainsi, un chronogramme des activités a été élaboré et suivait son cour d’exécution.
Les premières actions d’urgence réalisées étaient la mise en place de la Direction Nationale de Campagne (DNC) et l’élaboration du programme global de la restructuration des organes de base du Parti.
Le Bureau Politique a exécuté la plupart des résolutions et recommandations qui ont permis de conduire le Parti aux élections.

Camarades CPN
Distingués invités.

Aujourd’hui, il n’est plus question de revenir sur le passé, mais de jeter les bases d’une réflexion devant nous conduire à aller de l’avant. Il nous faut :
-         Ouvrir le Parti aux anciens camarades qui nous ont quittés et qui veulent revenir ;
-         Consolider nos organes de base à travers un programme global de restructuration
-         Consolider nos organes de base à travers un programme global de restructuration ;
-         Mettre en place la Direction Nationale de Campagne ;
-         Elaborer notre plan d’actions et nos stratégies pour la reconquête du pouvoir de l’Etat en 2015.

Face à ces exigences de l’heure, il est impérieux de taire nos querelles intestines, nos rancœurs et nos tendances divisionnistes pour conforter l’unité du Parti.
C’est pourquoi, l’objectif stratégique doit primer surtout : l’esprit de tolérance, de pardon réciproque, de partage de responsabilités afin que nous donnions à notre parti les meilleurs chances pour 2015.
Par ailleurs notre vision politique nous impose de coopérer avec les autres Partis et Associations politiques de notre pays et du monde entier qui partagent avec nous les valeurs de la Social – démocratie.
C’est ici le lien de remercier tous les partis frères membre de l’Internationale Socialiste qui nous ont apporté des aides multiformes pour la tenue de ces assises.
Aussi est-il est impérieux de nous engager aux côtés de nos alliés de l’Alliance des Forces Démocratique pour la Transition (AFDT) aux fins de préparer sereinement le Dialogue Politique à venir, appelé Forum de Bangui qui peut jeter les bases d’un règlement pacifique de ces crises politico – militaires et récurrentes que connait notre pays.

Camarades CPN,
Distingués invités.

L’heure est à l’action et aux sacrifices sans lesquels aucune victoire ne pourrait être garantie. C’est pourquoi, j’invite solennellement le Conseil Politique National (CPN) à resserrer les rangs du Parti et faire échec à toutes les tentations de division et de récupération politique à des fins ethno – tribalistes.
Sur ce, je déclare ouverts les travaux de la session ordinaire de notre Conseil Politique National.
Je vous remercie

Martin ZIGUELE : "Il n'y aura pas de réconciliation sans justice"

Introduction interview Afrikaweek:  Il est le Président de l’un des plus grands partis politique de la République Centrafricaine et reste très actif dans la vie politique du pays, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur. Il a le langage franc et s’ouvre facilement aux médias lorsque son avis est demandé sur l’actualité. Ainsi, Mr Martin Ziguélé a bien voulu répondre à nos questions sans langue de bois.

    AfrikaWeekly : Bonjour, quelle est votre analyse de la Transition qui piétine toujours ?

Martin ZIGUELE : Je vous remercie de m’avoir donné la parole. S’il y’a une transition politique aujourd’hui, c’est justement parce que notre pays a connu pendant de longues années de graves dysfonctionnements qui ont abouti à la guerre civile. Dès lors, toute période de transition étant une période d’exception, elle ne pouvait que se dérouler dans la difficulté, et le « piétinement », comme vous dites, de  la Transition actuelle peut globalement s’expliquer par le niveau de l’effondrement de l’Etat et des valeurs républicaines, suite à des décennies de mauvaise gouvernance de notre pays.

Ce serait une grave erreur d’analyse de penser que la complexité de notre situation est née « ex-nihilo » : elle est bien l’aboutissement d’un processus de  désagrégation de l’Etat que nous avions vu venir et que nous avons vainement dénoncé dans le passé, comme Moïse dans le désert.

Pour en revenir concrètement à la situation actuelle, la population centrafricaine est unanime à admettre que le pays ne sort pas de l’imbroglio sécuritaire et n’avance pas non plus sur le chantier du retour à une vie constitutionnelle normale, tandis que le pays est de fait divisé en deux, sinon en trois parties : l’Ouest est contrôlé par les Anti-Balakas, l’Est par les Ex-sélékas dont certains réclament ouvertement la partition du pays et enfin Bangui dont certaines parties de la ville sont sous l’emprise  des Anti-Balakas et des groupes d’auto-défense musulmans. L’Etat est virtuel et à genoux et ni l’Armée, ni la Gendarmerie, ni la Police, ni l’Administration territoriale, ni la Justice ne sont réellement opérationnelles. Cette situation est un véritable désastre pour les droits humains, à cause de leurs massives violations, obligeant les populations à devenir des déplacés internes et aussi à s’exiler dans les pays voisins. Naturellement, l’effondrement de  notre économie qui était déjà en difficultés, est sans précédent : les chiffres les plus optimistes parlent d’un recul d’au moins un tiers, sinon de la moitié, de notre PIB, c’est-à-dire de la richesse nationale. L’informellisation de l’économie est galopante, et les recettes de l’Etat sont en chute libre.

Je pense que cette situation est due aux facteurs suivants, relevant aussi bien de la responsabilité de la communauté internationale que de celle du gouvernement centrafricain:

    Sur le terrain, il a été observé jusqu’à très récemment que les forces internationales n’appliquaient pas de manière systématique leur mandat d’imposition de la paix par la force et de désarmement forcé des groupes rebelles. Les dispositions  de la Résolution 2149 du Conseil de sécurité placent pourtant ces forces sous chapitre 7. Si les groupes rebelles ne sont pas désarmés, comment peut-on arriver à la paix ?
    En même temps que les forces internationales ne procédaient pas au désarmement systématique des groupes rebelles, le fâcheux incident de l’ENAM avait conduit la communauté internationale à s’opposer à une reprise totale d’activités des FACA. Malgré cela, le premier point de la feuille de route du gouvernement de transition avalisée par la communauté internationale est la restauration de la sécurité : comment cela est-il possible ?

    Du côté du gouvernement centrafricain, beaucoup de temps a été inutilement perdu depuis la démission de Michel Djotodjia, puis l’élection de Madame Catherine Samba-Panza, dans des expérimentations institutionnelles hasardeuses, alors qu’il existe une Charte Constitutionnelle de Transition. La conséquence du non-respect de la légalité s’est entre autres manifestée par la nomination de Premiers Ministres et la formation de gouvernements dans une ambiance de querelle permanente qui a fragilisé l’Exécutif, ainsi que par la marginalisation subséquente des forces politiques véritablement républicaines , qui a favorisé un appel d’air objectif  en faveur de groupes armés qui ont fini par prendre en otage et l’Etat et le  régime.

Par ailleurs, alors bien même qu’il ne lui est pas permis d’avoir de vraies forces armées, et devant le fait que les forces internationales ont leur propre compréhension de leur mandat d’imposition de la paix et de désarmement, le gouvernement centrafricain a accepté sans sourciller de garder comme priorité de sa feuille de route l’instauration de la sécurité, ce qu’il ne pourra pas objectivement réussir dans les conditions actuelles. On ne peut pas s’engager à un objectif qu’on ne peut tenir.

Ce sont toutes ces raisons et ces manquements qui ont fragilisé la transition alors que l’élan pris en janvier 2014 avait suscité de réels espoirs.  Cela confirme si besoin en était qu’il ne faut jamais s’écarter des textes fondamentaux de gouvernance d’un pays, au risque de se retrouver sans cap et dans une guéguerre de personnes.

    AfrikaWeekly : Que pensez-vous de l’affaire du « don angolais » ?

Martin ZIGUELE : Feue Sa Majesté le Roi Hassan II du Maroc- Paix à son âme- avait coutume de dire que  pour gérer un pays, tout pouvoir exécutif  doit pouvoir disposer de la carotte et du bâton, et que ce que la main droite du Chef fait, sa main gauche ne doit pas le savoir.

Sur le premier point,  notre Exécutif  qui ne dispose pas encore du  bâton nécessaire pour imposer la paix ni imposer un quelconque agenda aux groupes rebelles, a voulu utiliser les carottes pour acheter la paix auprès des groupes rebelles et de leurs chefs. N’ayant pas non plus de carottes à disposition, il a dû utiliser ce qui lui tombe sous les mains y compris le don angolais qui a défrayé la chronique ces jours-ci.

Sur le second point, il n’y a plus aucun secret d’Etat chez nous ni de discrétion dans la gestion  de certains dossiers sensibles. Tout se répand en rumeurs qui d’ailleurs se vérifient très souvent, ce qui signifie que les rumeurs prennent leurs sources dans les milieux de pouvoir. Comme la Radio-Centrafrique, la radio nationale, n’émet que sur Bangui depuis des lustres et que presque personne ne se préoccupe de cette situation. La rumeur a ainsi remplacé l’information, à la grande joie des personnes et des forces négatives qui manipulent à leur guise l’opinion.

    AfrikaWeekly : Comment entrevoyez-vous le futur dialogue politique inclusif ?

Martin ZIGUELE : Dans une république démocratique, le dialogue est permanent au niveau de l’Assemblée Nationale et du Sénat s’il y’en a un.  Dans une situation de crise comme la nôtre, le dialogue est une nécessité, car dans tous les cas, il vaut mieux dialoguer que de s’affronter.

Dans notre cas, je pense que ce dialogue doit être « scientifiquement » préparé, c’est-à-dire qu’il faut bien le préparer sur le plan méthodologique , et ensuite produire des documents préparatoires de travail par rapport aux différents thématiques et  objectifs attendus.  Ces documents de travail seront discutés et enrichis par les parties prenantes,  y compris les communautés à la base-parce qu’elles sont aujourd’hui divisées et se haïssent alors qu’elles doivent accepter de revivre ensemble-  avant de réunir un dialogue final à Bangui.

Ce dialogue politique ne doit pas faire le lit de l’impunité car je ne le répèterai jamais assez, il n’y aura pas de réconciliation sans justice.

    AfrikaWeekly : Que pensez-vous de cette nouvelle Brigade d’Intervention Rapide ?

Martin ZIGUELE : Cette décision traduit certainement la volonté de l’exécutif de transition d’avancer sur le chantier de la réhabilitation des Forces Armées Centrafricaines. Cependant je pense qu’il faut privilégier une démarche globale et méthodique, de concert avec la communauté internationale, pour éviter que cette initiative louable dans ses intentions ne conduise à une plus grande fragilisation de l’institution militaire et de la situation.

    AfrikaWeekly : Pouvez-vous nous situer sur cet embargo qui frappe les Forces Armées Centrafricaines ? Quels textes ?

Martin ZIGUELE : Lisez la résolution 2149 des Nations unies, elle ne préconise nulle part un embargo sur les armes contre les Forces Armées Centrafricaines  mais plutôt contre les groupes rebelles. La preuve est qu’en mars  dernier, les FACA avaient été invités à un grand rapport à l’ENAM pour leur réengagement, en présence de la Présidente de Transition, des représentants de la communauté internationale et des medias nationaux et internationaux présents à Bangui.  C’est le drame qui s’est produit là-bas à la fin de cette cérémonie, qui a motivé le coup d’arrêt de la reprise des FACA.

C’est donc à tort que nous entendons beaucoup de personnes- et même des médias-  affirmer que c’est le Conseil de sécurité de l’ONU qui a demandé de désarmer les FACA. Il suffit de se donner la peine de  lire l’ensemble des résolutions pour savoir que cela est faux.

   AfrikaWeekly : A quand la restructuration des FACA ? Faille-t-il attendre la venue du futur locataire du Palais de la Renaissance ?

Martin ZIGUELE : La restructuration des FACA fait effectivement  partie du projet global de Réforme du Secteur de la Sécurité, avec son corollaire le programme DDR. C’est un chantier fondamental qui s’étendra naturellement au-delà de la transition mais qu’il urge de commencer sans attendre, compte tenu de la situation sécuritaire du pays, et du poids financier que représente la  prise en charge  actuellement par l’Etat des FACA, sans contrepartie réelle parce que fondamentalement le statu quo demeure.

Là aussi, il faut agir avec méthode et bien expliquer sa démarche : il faut discuter sereinement avec tous nos partenaires pour refonder une armée républicaine, professionnelle et véritablement nationale. Je pense à la création sur la base des effectifs actuellement recensés et mobilisés, de  nouvelles unités englobant l’ensemble des personnels militaires. Par exemple, comme du temps de Jean-Bedel Bokassa, des missions de sécurisation statique, de génie et même de reconstruction peuvent déjà leur  être confiées, et parallèlement pourra s’organiser, de manière encadrée et balisée, leur montée en puissance progressive.

La présence des forces internationales sur notre sol est une opportunité unique pour permettre à nos Forces de Défense et de Sécurité de se professionnaliser.  Avec la réintroduction des pratiques professionnelles aujourd’hui disparues dans nos Forces, comme la signature par tout soldat du contrat d’engagement triennal et la notation individuelle, bref avec le retour de la discipline dans les armées et sa dépolitisation, je suis convaincu que la séparation du bon grain et de l’ivraie se fera alors d’elle même.

   AfrikaWeekly : La Transition s’achèvera au 15 février 2015. Au 16 février la RCA sera régi par quel texte et gouvernée de quelle manière ?

Martin ZIGUELE : L’article 102 de la  Charte Constitutionnelle de la Transition dispose ce qui suit « La durée de la transition est de dix-huit (18) mois, portée à vingt-quatre (24) mois sur avis conforme du Médiateur. En cas de nécessité, la durée de la transition peut être examinée par la Conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement de la CEEAC sur proposition conjointe et motivée du Chef de l’Etat de la Transition, du Premier Ministre et du Président du Conseil National de Transition. La période de transition débute  par une cérémonie officielle après l’entrée en vigueur de la présente Charte Constitutionnelle de Transition. Les Juges Constitutionnels ensuite le Chef de l’Etat de transition prêtent serment à l’occasion de cette cérémonie. »

L’entrée en vigueur de la Charte datant du 18 aout 2013, la fin de la transition est fixée au 18 février 2015, mais comme le dit la loi cette durée peut être portée à vingt-quatre mois, c’est-à-dire au 18 août 2015. Voilà ce que dit la loi.

    AfrikaWeekly : Pensez-vous que les élections peuvent toujours avoir lieu au premier trimestre 2015 ?

Martin ZIGUELE : L’Autorité Nationale des Elections, qui est seule compétente en la matière,  a déjà dit par la voix de son Président que les élections ne pourront pas avoir lieu  avant octobre 2015,pour des raisons principalement financières et sécuritaires. Nous en avons pris acte et demandons que le processus électoral fasse l’objet de plus d’attention  de tous, pour permettre à notre pays de sortir de cette zone de turbulences.

    AfrikaWeekly : Serez-vous candidat ?

Martin ZIGUELE : Le MLPC en décidera lors de son prochain congrès extraordinaire convoqué pour le 22 novembre 2014 à Bangui. Au MLPC, on ne s’autoproclame pas candidat car dans notre Parti il existe deux principes fondamentaux en la matière :  le Président du Parti n’est pas automatiquement son candidat aux élections présidentielles et  tout militant peut être candidat. C’est d’ailleurs sur la base de ce principe que j’ai été candidat du Parti en 2005, sans être à l’époque Président du parti.

       AfrikaWeekly : Est-ce que le MLPC ne risque pas d’être fragilisé avec 3 candidats issus de ce parti mais qui le seront pour d’autres entités pour les deux autres (Vous, Mr Sylvain Patassé et Mr Anicet Dologuélé) ?

Martin ZIGUELE : Je vous répète qu’au MLPC nous ne nous autoproclamons pas candidat, donc votre assertion n’est pas vérifiée à ce jour quand vous me citez parmi les candidats. En plus il faut bien vérifier vos informations relatives à l’appartenance de telle ou telle autre personne au MLPC, qui se matérialise toujours par la détention d’une carte de militant. Dans tous les cas, l’élection présidentielle est une rencontre entre un homme- ou une femme- et le peuple, et c’est le peuple qui décide.

       AfrikaWeekly : Quel est votre message aux Autorités de la Transition et au peuple Centrafricain ?

Martin ZIGUELE : Mon message est que la persistance de la crise sécuritaire, politique et humanitaire de la RCA requiert de notre part beaucoup d’abnégation et de lucidité. Nous devons continuer à dialoguer avec la communauté internationale pour arriver à une application sans réserve des résolutions pertinentes des Nations Unies en vue d’imposer la paix et de désarmer les groupes rebelles. Cela induit la  reprise forcée des mains des groupes rebelles des zones d’exploitation illicite des diamants et de l’or, qui servent à leur financement et à leur résilience. Nous devons tous œuvrer  à la reconstitution des fonctions régaliennes de l’Etat, y compris les Forces de défense et de sécurité,  de la chaîne pénale et  à l’organisation rapide des élections.

Nous devrons aussi œuvrer sans relâche à la restauration de l’administration civile, policière et militaire à l’intérieur du pays, ce qui favorisera le retour des déplacés et des réfugiés dans leurs foyers, avant et après un dialogue bien préparé.

Le chantier est vaste et délicat, mais pas impossible puisque nous ne sommes pas seuls aujourd’hui. Pour la première fois de notre histoire la communauté internationale est à notre chevet de façon compréhensive comme l’atteste l’étendue du mandat conféré par la résolution 2149 à la MINUSCA.

Je conclus en citant notre Père Fondateur Barthélémy Boganda qui aimait répéter cet adage : « lorsque vous montrez une étoile à un demeuré, au lieu de voir l’étoile, il regarde votre doigt».

Malgré les indicibles souffrances qui nous brouillent la vue et l’esprit, ne voyons pas le doigt qui nous montre l’étoile, mais voyons l’étoile.

 

Déclaration de la Fédération EuropeAAMOO

Comme à l’accoutumée la Fédération « EUROPE-AMERIQUES-ASIE-MOYEN ORIENT-OCEANIE » (EAAMOO) du MLPC a organisé avec grand succès ce 1er novembre 2014 dans la salle de conférence de l’hôtel Campanile de Bobigny, en région parisienne, sa rentrée politique pour la période 2014-2015. Cette rencontre a rassemblé massivement les militantes et militants de toutes les sous-fédérations (Aquitaine, Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées, Ile-de-France, Aude, Languedoc-Roussillon, Belgique, Asie) et les organes connexes, le MLFC (Mouvement de Libération de la Femme Centrafricaine) et le MLJC (Mouvement de Libération de la Jeunesse Centrafricaine).

Elle a eu l’honneur de recevoir parmi ses distingués invités le président de la fédération « Europe » de la CRPS (Convention Républicaine pour le Progrès Social), partenaire politique de l’AFDT (Alliance des Forces Démocratiques pour la Transition), Daniel MAKOURI, qui a axé son message à l’endroit des participants sur la nécessité d’œuvrer pour la sécurité, la paix et la réconciliation en RCA.

Bien que retenu à Bangui pour la préparation du Conseil Politique National (CPN) et du Congrès Extraordinaire du Parti, le camarade Martin ZIGUELE, Président du MLPC, a salué par la voix du président fédéral, le camarade Jean-Didier KABRAL, la tenue de cet évènement politique important en cette période.

Compte tenu de la situation qui prévaut dans le pays, cette rentrée politique a été placée sous le thème de « Paix, Justice et Réconciliation en Centrafrique ».

C’était aussi l’occasion de rappeler l’appel lancé du haut de la tribune des Nations Unies le 15 mai 2013, par le Premier Ministre d’alors,  Maître Nicolas TIANGAYE, pour demander une intervention de la communauté internationale aux côtés de la MISCA pour sauver notre pays et la population centrafricaine des exactions en tout genre. Le MLPC a été l’un des premiers organes politiques à appuyer et relayer ce message par des contacts multiformes permettant de rendre possible cette intervention. Aujourd’hui la MINUSCA est l’aboutissement de toute cette démarche.

         Enfin il a été question du CPN et du Congrès Extraordinaire du Parti qui se tiendront à Bangui du 20 au 22 novembre 2014. A l'issue de ces assises qui se pencheront également sur la situation du pays, le candidat du MLPC aux prochaines élections présidentielles sera désigné pour donner l’espérance au peuple centrafricain.

La Fédération « EAAMOO » appelle donc tous les militantes, militants et sympathisants du MLPC, parti de masse et avant-gardiste, à ne ménager aucun effort pour œuvrer aux côtés des autres forces vives de la Nation afin que la RCA retrouve la paix, la tolérance et le vivre ensemble d’antan.

 

Fait à Paris, le 4 novembre 2014.

Antoine Jérémie NAM-OUARA

Membre du Bureau Politique

Chargé de communication extérieure

Déclaration de l'Alliance des Progressistes d'Afrique Centrale

 

Les partis socio-démocrates de l’Afrique Centrale, réunis à Yaoundé (Cameroun) du 15 au 17 octobre 2014 pour examiner la question des alternances politiques et la situation sécuritaire en Afrique centrale, ont dressé un état des lieux très préoccupant en matière d’alternances démocratiques pacifiques en Afrique centrale.

En règle générale, la tendance est plutôt à la stagnation de la situation politique dans notre sous-région, comparativement aux évolutions positives observées, dans le même temps, dans les pays d’Afrique occidentale, orientale et australe.

En effet, au cours de la dernière décennie, hormis le MPLA en l’Angola et le MSTP/PSD à Sao Tomé et Principe, tous les autres partis sont dans l’opposition et les processus démocratiques des pays d’Afrique centrale ont connu des fortunes diverses dans la volonté d’accroître leur poids dans le débat politique, parlementaire et institutionnel, leur participation à la gestion des institutions démocratiques de leurs pays.

Face à l’obstination des partis d’Etat à résister au changement et à vouloir à tout prix se s’accrocher au pouvoir, refusant ainsi d’appliquer les principes élémentaires de la démocratie pluraliste et de s’adapter à la nouvelle conjoncture politique internationale, les socio-démocrates de l’Afrique centrale ont pris l’engagement de traduire l’inclination naturelle des peuples de la sous région pour la paix et de canaliser leur volonté inébranlable pour des changements démocratiques.

À cet effet, les socio-démocrates de l’Afrique Centrale prennent la résolution :

-         De mobiliser davantage les communautés nationale et internationale, afin qu’elles exercent une réelle pression sur les régimes qui résistent aux changements démocratiques ;

-         De convaincre les forces sociales et politiques de gauche ayant acquis des positions dominantes dans les systèmes en place, à rallier le mouvement des citoyens dans leur marche en faveur de l’égalité sociale, la bonne gouvernance et la démocratie ;

-         De définir les termes de référence et déterminer la feuille de route pour le demi-siècle à venir, laquelle permettrait aux jeunes générations de continuer la lutte pour la deuxième indépendance de notre continent ;

-         De favoriser la formation des alliances politiques sur la base idéologique, ouvertes aux autres forces favorables aux changements démocratiques ;

-         De mutualiser les forces au cours des batailles électorales.

Pour garantir la paix, la stabilité et la crédibilité des institutions de nos pays, les socio-démocrates de l’Afrique Centrale :

-         réaffirment leur attachement aux principes  de l’irréversibilité de la gouvernance démocratique, du dialogue et de la concertation politique comme seuls moyens de résolution des conflits sociopolitiques dans nos pays ;

-         renouvelle leur foi aux élections libres et transparentes comme seul moyen légitime pour accéder au pouvoir et construire des Etats stables et démocratiques.

À propos de la transparence du processus électoral, les socio-démocrates de l’Afrique Centrale considèrent que la consultation du souverain primaire n’est possible et crédible que lorsqu’elle se réalise de façon démocratique, c’est-à-dire à travers les élections sincères conduites en toute transparence pour garantir une libre expression des citoyens et des résultats crédibles des scrutins.

De façon universelle, la transparence du processus électoral est garantie notamment par :

-         un fichier électoral établi de façon consensuelle sans souffrir d’aucune contestation de la part des acteurs électoraux (administration, partis politiques, société civile) ;

-         un organe de gestion des élections indépendant, mis en place dans le respect des normes définies par la Charte de l’Union Africaine en matière électorale ;

-         un organe constitutionnel (juge des élections) composé de façon consensuelle.

À propos des processus de dialogue national inclusif annoncés dans quelques-uns des pays, notamment en Guinée Equatoriale et fortement réclamés dans d’autres, dans un souci d’apaisement du climat politique, les socio-démocrates de l’Afrique Centrale recommandent vivement qu’ils se déroulent avec la médiation et l’observation consensuelles. En effet, le dialogue est le seul moyen pacifique d’établir toutes les bases politiques nécessaires pour opérer la réforme de l’État, le renforcement de la bonne gouvernance et la résolution pacifique et démocratique des conflits.

Ces processus devraient privilégier la recherche d’un compromis politique dont les termes seraient à définir de façon concertée, afin d’épargner de nouvelles souffrances à nos populations  déjà si gravement accablées par la pauvreté.  

De cette manière, les générations actuelles légueraient un héritage de sécurité et de prospérité aux générations futures.                       

A propos de la situation sécuritaire dans la sous-région, les partis politiques socio-démocrates de l’Afrique Centrale exige l’application de la résolution N° 2149 des Nations Unies en Centrafrique et le désarmement des de toutes les milices au Burundi et en RD Congo.

 

Fait à Yaoundé, le 17 octobre 2014

 

Conseil National pour la Défense de la Démocratie – Burundi

________________________________

Convergencia Para la Democracia Social – Guinée Equatoriale

________________________________

Convergence Citoyenne – Congo Brazzaville

_________________________________

MLSTP / PSD – Sao Tomé et Principe

_________________________________

Union National pour le Développement et le Renouveau – Tchad

_________________________________ 

Social Democratic Front – Cameroon

_________________________________ 

Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain – République Centrafricaine

Martin ZIGUELE  _________________________

 

Prof. Vincente Pinto de Andrade – Angola – Personnalité Social Démocrate

_________________________________

FacebookTwitter