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Le Bureau Politique éxige la démission du General Francois Bozizé

Le Bureau Politique du MLPC par la voix du 1er Vice President du parti, Gabriel Jean Edouard KOYAMBOUNOU, a fait une déclaration à la presse le 11 juillet 2008 à Bangui, pour faire le constat de faillite du régime du Général Francois Bozizé et éxiger sa démission pure et simple !

Voici le texte integral de cette déclaration

Abusés et désabusés les Centrafricaines et Centrafricains déclarent que le régime du Général François BOZIZE a échoué et devrait donc en tirer les conséquences.

Face à cette prise de position, le Bureau Politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) voudrait, à travers la présente déclaration dire sa surprise et rappeler à ces compatriotes que l’échec qu’ils relèvent aujourd’hui est somme toute programmé.

Pour ce faire, il se fait le devoir de mettre à jour les éléments constitutifs, cependant non exhaustifs, de cette faillite.

La logomachie comme fondement de la justification du Coup d’Etat du 15 mars 2003.

Après une rébellion aux conséquences désastreuses encore présentes dans le pays, le 15 mars 2003 par un coup d’Etat, le Général François BOZIZE renversait le régime du Président Ange Félix PATASSE aux motifs suivants :

- insécurité généralisée

- misère grandissante

- mauvaise gouvernance.

Se proclamant « libérateur du peuple centrafricain », le Général François BOZIZE faisait, dans son discours de prise de pouvoir, le serment ‘’d’assurer la sécurité sur toute l’étendue du territoire national, de créer les conditions de la prospérité et d’imposer à tous la bonne gouvernance’’.

Usant de la logomachie, il déclarait qu’il inscrivait son coup d’Etat dans l’œuvre de salut public.

Autrement dit, il mettrait en place une transition consensuelle et quitterait le pouvoir à l’issue des élections générales censées consacrer le retour à la légalité constitutionnelle de notre pays.

La population banguissoise ayant crû à cette logomachie, lui a apporté un soutien populaire lors de la marche du 28 mars 2003 que les thuriféraires ont vite transformé en sursaut patriotique, déniant les principes démocratiques qui font du coup d’Etat, un crime imprescriptible contre le peuple centrafricain.

Les centrafricaines et centrafricains se rendront très vite à l’évidence du mensonge d’Etat.

En effet, reniant sa parole d’Officier Général, François BOZIZE se déclarait candidat à l’élection présidentielle de 2005.

Pendant cette transition dite consensuelle, les dérives n’ont pas manqué.

L’exécutif et notamment le Premier Ministre de l’époque, récusa le rôle du Parlement de transition qualifié de ‘’ fourre tout’’.

La cristallisation de cette épreuve de force entre l’Exécutif et le Conseil National de Transition (CNT) se fit à travers l’élaboration et l’examen des projets de la Constitution et du Code électoral.

Enfin, les dérives de la Cour Constitutionnelle de Transition (C.C.T) à l’occasion de la validation des candidatures à l’élection présidentielle sont encore présentes dans les esprits pour rappeler cette transition de tous les dangers.

En conséquence, le mensonge d’Etat et les dérives de la transition devraient inciter les Centrafricains à plus de lucidité dans leur choix au moment des élections de 2005 !

A l’heure du bilan, qu’en est il après plus cinq ans soit la durée d’un mandat présidentiel ?

Le déni d’une gouvernance démocratique

Dans son discours de prestation de serment le 11 Juin 2005, le Président François BOZIZE qualifiait son mandat de « quinquennat du développement et de la garantie des libertés ».

Au lieu du développement et de la garantie des libertés, les centrafricains eurent droit plutôt :

- aux violations sans cesse renouvelées de la Constitution

- au triomphe du partrimonialisme caractérisé par l’absence de distinction entre le domaine public et le domaine privé

- au phénomène avancé de la désétatisation

- à la personnalisation du pouvoir dont la manifestation est la concentration et le cumul des ressources politico-administratives entre les mains du seul Président

de la République

- à des nominations à caractère ethno-tribal. Pour preuve, les dernières nominations à des postes juteux à la BEAC, la CEMAC et autres.

- à l’absence de différenciation de l’économique et de la politique

ainsi la recherche du pouvoir a pour principale raison l’enrichissement personnel du dirigeant et des membres de sa famille, de son clan, de sa tribu et de sa région.

Les preuves de la faillite du régime

Sur le plan institutionnel :

S’inscrivant dans la logique du partrimonialisme, le Président de la République concentre entre ses mains les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire.

Il est donc Président de la République et Ministre de la Défense Nationale.

Il est ordonnateur des dépenses et comptable en lieu et place du Ministre des Finances et du Directeur Général du Trésor.

Il est en dernier ressort législateur, en ce sens qu’il réunit sa majorité parlementaire avant tout examen de projet de loi, pour lui en dicter la décision.

Il annihile toute indépendance de la justice en vidant cette institution de ses pouvoirs. Les derniers déboires du Conseil d’Etat et de la Cour Constitutionnelle sont là pour confirmer cette mise sous séquestre.

Sur le plan politique

En l’absence d’un projet de société, le slogan Kwa na Kwa synonyme de Kwa ti kodro et opération Bokassa est désormais, en dehors du caractère mimétique est tourné en dérision en raison du manque de résultats.

Fort de tout cela, le MLPC et les autres Partis membres de l’Union des Forces Vives de la Nations (UFVN) avaient remis au Président de la République en Juin 2006, un mémorandum à l’effet de convoquer d’urgence le Dialogue Politique Inclusif, seule instance susceptible de régler durablement tous les problèmes centrafricains.

Après moult errements, le Comité Préparatoire du Dialogue Politique Inclusif a été mis en place le 30 novembre 2007 et remis son rapport le 25 avril 2008 ayant recommandé le début des assises le 8 Juin 2008 soit quarante cinq jour.

Au lieu de cela, le Président prendra le décret de mise en place du Comité d’Organisation et de nomination de ses membres le 8 Juin 2008 en foulant aux pieds la procédure consensuelle de prise de décision.

Preuve de cette mauvaise volonté, le processus du Dialogue Politique Inclusif tarde à prendre ses marques, aggravant la souffrance du peuple centrafricain.

Pour sa part, le MLPC réaffirme sa volonté d’un Dialogue Politique véritablement Inclusif pour sortir le pays définitivement des crises récurrentes.

Sur le plan sécuritaire

S’il ya un domaine où le Président de la République a essuyé un échec retentissant, c’est bien celui de la sécurité.

Et pourtant avait il invoqué l’insécurité pour entrer en rébellion et exécuter le coup d’Etat du 15 mars 2003 !

Et pourtant s’était il dit le mieux placé pour éradiquer ce fléau en raison de sa qualité d’Officier Général !

Et pourtant avait il soutenu la nécessité pour lui de cumuler ses fonctions de Président de la République avec celles de Ministre de la Défense afin d’avoir la haute main sur la sécurité du pays au point de violer l’article 23 de la Constitution !

Et pourtant enfin, avait – il bénéficié, en sa qualité de Ministre de la Défense, des appuis considérables de la Communauté Internationale pour réussir la restructuration des Forces Armées Centrafricaines (F.A.C.A) !

D’effets limités et circonscrite à quelques régions, l’insécurité s’est généralisée à tout le pays. Des bandes armées et des armées étrangères investissent en toute quiétude d’immenses zones de notre pays (Ndélé, et Obo).

Sur le plan des Droits de l’Homme

L’instauration de la culture de la violence, les violations massives des droits de l’homme et le triomphe de l’impunité sont l’une des caractéristiques du régime du Président François BOZIZE.

Aussi, les rapports des missionnaires, des organisations du système des Nations Unies, de Human Rights Watch, d’Amnesty International et de International Crisis Group sont édifiants et ne souffrent d’aucune contestation.

Sur le plan économique

Les pillages d’anthologie consécutifs à la rébellion et au coup d’Etat du 15 mars 2003, préfiguraient déjà l’ampleur de la corruption et de la prédation comme mode de gouvernance économique.

Un diplomate étranger intervenant à la tribune de l’Assemblée Nationale en août 2005 déclarait : ‘’ oui la corruption est un fléau pour le pays. Le FMI lui même fait mention de ce problème. La Centrafrique est et sera la cible privilégiée de ces prédateurs.

Ces prédateurs sont là. Ils viennent de l’extérieur mais aussi de l’intérieur et corrompent les institutions’’.

Il poursuit en ces termes : ‘’ L’heure est grave car la notion de service public et de bien public est en train de disparaître ; si c’est le cas, cela deviendra un problème de société ‘’ fin de citation.

Les preuves à cet effet sont manifestes :

- affairisme impétueux au sommet de l’Etat (permis forestiers et miniers)

- scandales financiers dans les dossiers des sociétés Uramine, AREVA, Total, Lobaye Gold, etc….

- sociétés para – publiques confiées à des parents (Socatel, Sodeca, Enerca) indélicats et incompétents.

Le résultat aujourd’hui se voit à travers la ville de Bangui qui, au XXIe siècle, n’a ni eau ni électricité sans que les responsabilités ne soient engagées et les sanctions prises, au regard des conséquences économiques et sociales.

- L’affaire Unitec-Benin et la dissolution de l’Administration des douanes consacrent le règne de l’amateurisme et de la prédation dans la gestion de la chose publique.

Enfin n’oublions pas la gabegie matérialisée à l’occasion de l’achat de l’avion Hercule C130 qui, au demeurant mérite qu’il soit livré aux ferrailleurs pour ‘’d’autres utilités’’.

Sur le plan social

L’échec patent des réformes économiques joint à l’insécurité généralisée ont un impact négatif sur le plan social.

En effet, on assiste à l’accumulation des arriérés de salaires, de pensions et de bourses.

De même l’abandon du monde rural a aggravé la pauvreté à Bangui et dans l’arrière pays.

C’est dans ce contexte que l’augmentation des prix du carburant et des autres produits de première nécessité va sonner le glas d’un régime dont la seule motivation est le pouvoir en vue de l’enrichissement de la famille, du clan, de la tribu et de la région.

Un pouvoir démocratique supposant l’exigence d’obligation de résultats et de celle de rendre compte ; alors que faire de ce bilan apocalyptique ?

Le peuple Centrafricain ne peut accepter que la concentration du pouvoir et de l’arbitraire, le partrimonialisme et la violence soient les caractéristiques de l’état de sa société.

Ces éléments ne sont pas non plus les représentations du pouvoir issues de l’imaginaire social centrafricain.

C’est pourquoi le Bureau Politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), conscient de la nécessité et de l’urgence de mettre un terme à la souffrance du peuple et à cette descente aux enfers :

- exige la démission pure et simple du Général François BOZIZE pour parjure, forfaiture, faillite et trahison

- prend à témoin la Communauté Internationale de la situation de la République Centrafricaine et des conséquences prévisibles

- exhorte le peuple à se rassembler en vue de mener la lutte pour une véritable libération, synonyme d’émancipation, d’espérance et de prospérité.

Fait à Bangui, le 11 Juillet 2008

Pour le Bureau Politique

Le 1er Vice-Président

Gabriel Jean Edouard KOYAMBOUNOU


Programme de Télé-MLPC