« Oui nous pouvons et devons incarner le changement ! »
Firmin N’GBENG-MOKOUE
Secrétaire Général Fédération EAAMOO
Mes chers camarades,
Les échéances électorales constitutionnellement prévues en 2010 arrivent à grands pas et nous devons impérativement les préparer afin de créer les conditions de la victoire.
Ces élections seront déterminantes tant ce rendez-vous des centrafricains avec la démocratie est décisif pour l’avenir de notre pays.
Comme vous le savez, chers camarades, il y a aujourd’hui à n’en point douter un fort rejet du général BOZIZE par nos concitoyens.
L’épisode des atermoiements du camp présidentiel à propos de la constitution du gouvernement de consensus finalement resserré autour des inconditionnels du général président, n’est autre que le signe supplémentaire attestant qu’un cycle est entrain de se clore.
Pour ce qui est de notre camarade qui a pris la responsabilité historique de s’engager dans cette aventure solitaire, disons, pour paraphraser François Hollande , que « c’est un traître heureux, laissons-le à son bonheur ».
Autoproclamé libérateur et applaudi par le peuple naïf au lendemain du 15 mars 2003, le général BOZIZE a raté les marches de l’histoire pour s’enliser dans la prédation, transformant l’immense espoir des centrafricains en cauchemar dont les effets sont incalculables.
Ce pouvoir en fin de règne s’est longtemps illustré par le népotisme caractérisé par une gestion clanique du pouvoir où le simple lien de parenté permet d’accéder aux privilèges et aux plus hautes fonctions de l’Etat ; où la gestion de la chose publique est confondue avec celle d’un « bazar » familial mélangeant volontairement deniers publics et privés ; où l’ espace politique s’est réduit à une personnalisation du pouvoir face à un appauvrissement généralisé de la population, conséquence d’une gestion scabreuse.
Oui nous pouvons et devons incarner le changement, à condition bien évidemment de créer dès à présent les conditions idéologiques et politiques de l’après BOZIZE en favorisant l’émergence d’une génération de cadres qui sachent conjuguer savoir-faire et savoir-être. C'est-à-dire des hommes et des femmes qui demain, au nom du MLPC incarneront la rupture afin de construire une nouvelle espérance pour la république centrafricaine. Une rupture avec la concentration du pouvoir entre les mains d’un clan ; une rupture avec la dissimulation de la vérité au peuple ; une rupture tout simplement avec une certaine manière de faire la politique.
Nous devons nous activer à mobiliser les citoyens sur un projet socialiste et républicain en mesure de relever les enjeux et défis auxquels notre pays devra faire face après le régime calamiteux de KNK.
Il faudra pour cela nous appuyer sur le ressenti de la société centrafricaine : tous les centrafricains expriment aujourd’hui une forte attente de justice et de sécurité. Ils veulent que tous leurs enfants sans distinction accèdent à l’éducation ; ils veulent tous sans exception avoir accès aux soins de santé primaires. Ce sont là quatre domaines régaliens qui devront être au cœur du nouveau pacte que nous proposerons, le moment venu, aux centrafricaines et centrafricains.
Le MLPC doit donc, par ailleurs, s’imposer une vision de la société qui dépasse les frontières de son électorat.
C’est pourquoi, après avoir réussi à dépersonnaliser le parti, le Bureau Politique sous la présidence du camarade Martin ZIGUELE devra continuer à axer la pierre philosophale de sa stratégie sur une synthèse de toutes les forces progressistes et contradictoires au sein de notre famille politique et de la société centrafricaine.
En effet, ne nous trempons pas, la république centrafricaine n’ira de l’avant qu’à travers le rassemblement de ses filles et fils. Et le Bureau Politique l’a bien compris en encourageant une synthèse entre les différentes sensibilités politiques centrafricaines à travers l’UFVN.
Pour réussir ces challenges, le MLPC doit rester un lieu de débat libre et sans tabou. Il faut éviter la réclusion qui pourrait conduire à une « bunkérisation idéologique», en s’ouvrant aux autres, en acceptant de se remettre en question en se débarrassant des préjugés, des pratiques opaques et de la pensée unique.
Oui nous pouvons et devons incarner le changement à condition enfin, d’être totalement déterminé, éviter d’être instrumentalisé par qui que ce soit et surtout développer notre capacité à capter et intégrer au programme du parti les évolutions de la société centrafricaine.
Salutations militantes.
Paris le 25 janvier 2009
Firmin N’GBENG-MOKOUE
Secrétaire Général Fédération EAAMOO.

