- L'Hirondelle (LHRD): L’actualité nationale reste dominée par la sévère condamnation de M. Ferdinand Samba, directeur de publication du quotidien « Le Démocrate ». Quelle est votre lecture de cette situation ?
Martin Ziguélé (MZ): Je voudrais d'abord vous remercier très sincèrement de l'opportunité que vous m'offrez en votre qualité d’animateur de la vie informative nationale, pour m'exprimer et exprimer le point de vue de mon parti, le Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC) sur l'actualité nationale. Je voudrais d'abord vous dire que j'étais à l'extérieur du pays, en déplacement professionnel, lorsque j'ai appris sur les médias internationaux, non seulement l'arrestation mais la condamnation, j'allais dire très rapide, de M. Ferdinand Samba, directeur du quotidien «Le Démocrate», à une peine de dix mois de prison parce qu'il a écrit un article de presse qu'un citoyen centrafricain aurait jugé diffamatoire. Ma première réaction de citoyen, c'est de dire que puisque Monsieur Ferdinand SAMBA a exprimé ses points de vue en tant que journaliste et de surcroit Directeur de publication, il y a bien dans ce pays, une loi spéciale de la presse et c'est sur la base de cette loi qu'il devrait être jugé. Donc, cette loi ayant dépénalisé les délits de presse, il ne peut encore y avoir d'arrestation, d'enfermement, d'emprisonnement de journaliste dans ce pays. Et au même moment où les médias nationaux faisaient état de l'arrestation et de la condamnation de M. Ferdinand Samba à 10 mois d'emprisonnement, à un million d'amende à verser à l'Etat, à dix millions de dommages et intérêts etc., au même moment, les médias internationaux parlaient des exactions de Baba Laddé et de Joseph Kony en RCA et qualifiaient notre pays comme un pays plongé dans un état d'insécurité généralisée. Je crois que ces deux événements, même s'ils ne peuvent pas être joints, montrent à quel point dans ce pays, il y a faillite de l'Etat.